Cul…ture : le sexe dans la littérature, la musique et le cinéma

Le sexe est prédominant dans la société. Associé à l’amour, à la tendresse ou au seul plaisir, il intrigue, fascine ou dérange. En ce jour de Saint-Valentin, Eurosorbonne fait la part belle aux relations les plus intimes que l’on peut avoir, en vous présentant des œuvres qui traitent de sexe avec intelligence.

Livres
Venus EroticaAnaïs Nin

erotismeCe recueil de nouvelles érotiques, pornographiques pour certaines, est une référence absolue en ce qui concerne la littérature pour adulte. En 1940, l’auteure Anaïs Nin fait face à des difficultés financières, et se voit commander un recueil de nouvelles érotiques, pour un dollar la page par un riche inconnu. Alors que des premiers retours sur son travail lui demandent d' »abandonner la poésie » pour se consacrer à un sexe plus brut, Anaïs Nin se prend au jeu de ses personnages, et développe un univers de luxure, de décadence, de perversion, tout en mettant l’accent sur la bisexualité féminine. Dans les années 1970, elle décide de publier ces nouvelles érotiques sous le nom de Venus Erotica ou Delta de Venus. Anaïs Nin a marqué l’érotisme en donnant à la sexualité une voix féminine.

256 pages – Livre de poche – 6,90€

Correspondance 1944-1959, Albert Camus, Maria CasarèsCorrespondance

6 juin 1944. C’est le début de l’histoire d’amour entre Maria Casarès et Albert Camus qui les mènera jusqu’en 1959, année de la mort de l’écrivain. Une histoire qui s’interrompra quatre ans car il est marié. 6 juin 1948. Boulevard Saint-Germain. Ils se rencontrent à nouveau. Leur histoire apparaît comme une évidence et ils n’arrêteront plus de s’écrire. Cet amour s’encrera et existera à travers les 865 lettres qu’ils se sont échangées. Catherine Camus les a rachetées à Maria Casarès et a décidé de les publier sous la pression des universitaires. Une plongée dans un amour qui rend « la terre […] plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger simplement parce qu’ils ont existé », selon sa préface.

1312 pages – Gallimard – 32,50 €.

 

Sex story, Philippe Brenot, Laeticia Cornin

Sex storySex story est une BD qui vous révèlera tout ce que les livres d’histoire n’osent pas révéler. L’histoire du premier couple, du fruit défendu, la sexualité des dieux, le devoir conjugal, puis la pudeur, l’érotisme et même l’amour : l’œuvre retrace l’évolution des mœurs sexuelles en Occident des origines à nos jours avec rigueur historique et narration ludique. Sans tabou, Philippe Brenot et Laetitia Coryn racontent et illustrent l’histoire de la sexualité à travers les âges : les grandes fêtes sexuelles de l’Antiquité, les excentricités de Cléopâtre ou encore le libertinage de Louis XV.

 

 

 

208 pages, Les Arènes, 24,90€.

 

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh

A Lille, au début des années 2000, Clémentine doit faire face à des sentiments qu’elle ne comprend pas. La lycéenne est irrémédiablement attirée par les filles, et une fille en particulier, croisée au hasard d’une rue, arborant une crinière bleue. Engoncée dans des principes conservateurs (« Une fille doit aimer un mec »), Clémentine va peu à peu s’ouvrir à son amour et à sa sexualité, avant d’accepter tout à fait son homosexualité. Cet ouvrage ne raconte pas seulement la difficulté d’un coming-out, c’est un hommage à l’amour, un chef-d’œuvre de tendresse et de beauté, aussi émouvant qu’exaltant. Adaptée en 2013 par Abdelatif Kechiche dans La vie d’Adèle, la bande dessinée originelle est bien plus subtile, la sexualité y est traitée de façon plus érotique, plus sensuelle, quoi que moins crue.

Le bleu est une couleur chaude, 152 pages, Glénat, 17,50€

sexe

Films
Nymphomaniac, Lars von Trier

Joe, 50 ans, est trouvée rouée de coups dans la rue, par Seligman, un vieil homme solitaire. Il la soigne, et elle lui raconte sa vie de nymphomane. L’héroïne considère être une mauvaise personne, pour avoir toujours fait passer le sexe en priorité dans sa vie, au détriment de sa famille, de son amour, de son bien-être… Commence entre les deux protagonistes un échange intellectuel, un récit poétique où les déboires sexuels de Joe rencontrent la religion, l’art, l’histoire… Ce film franco-belgo-germano-danois, interdit aux moins de 16 ans en France, et censuré dans certains pays, oscille entre le conte et le hard, les scènes les plus explicites ayant été doublées par des acteurs pornographiques. Une réflexion sur le désir, l’amour de soi et des autres, le regard de la société et la résilience.

Love, Gaspar Noé

Murphy, jeune père qui habite avec sa compagne, reçoit un coup de téléphone de la mère de son ex-petite amie, Electra. Elle n’a plus de nouvelles de sa fille depuis longtemps et est inquiète. Le film est consacré aux souvenirs qui reviennent à Murphy : la plus grande histoire d’amour de sa vie, deux ans d’excès avec Electra. Drogue, Sex-club, plans à trois, jusqu’au sacrilège ultime commis par Murphy : tromper Electra avec leur partenaire. Le film est très sombre, et les nombreuses scènes de sexe (réelles) sont filmées en plan fixes, sans fioritures. Dans cette ambiance picturale, référence à la peinture réaliste, il n’y a pas de place pour l’excitation. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle Love n’est pas un film pornographique. C’est l’histoire dramatique d’un amour intense et éphémère.

Hasta la vista, Geoffrey Enthoven

En Belgique flammande, Lars, Philip et Jozef, la vingtaine, sont amis. Les trois jeunes hommes sont aussi handicapés : Jozef est presque aveugle, tandis que Lars et Philip, en fauteuils roulants, sont presque entièrement paralysés. Systématiquement sous la surveillance de leurs parents inquiets, les jeunes hommes peinent à forger leur identité d’adultes. Ils décident alors de partir en road trip à travers la France, direction l’Espagne, où une maison close spécialisée pour les personnes handicapées pourrait leur permettre de perdre leur virginité “avant de mourir”. Une comédie dramatique très réussie sur la jeunesse, les premiers émois, et sur le sujet encore tabou de la sexualité des personnes handicapées.

Séries
Master of SexMichelle Ashford

Dans les années 1950 encore très puritaines, le Dr William Masters va s’associer avec Virginia Johnson, une mère de famille célibataire et libérée afin de développer l’une des premières études sur le comportement et le plaisir sexuel, en particulier féminin. Peu à peu, le projet déborde sur la vie affective des deux protagonistes qui vont se plonger dans une aventure à la fois passionnante et dévorante. Original par son sujet, Master of Sex l’est aussi par sa manière d’aborder un thème qui pourrait vite prêter à la caricature. En échappant à toute vulgarité et sensationalisme, la série pose un regard à la fois pointu de part sa dimension scientifique, et souvent drôle en n’occultant pas non plus le sujet premier de son scénario.

Girls, Lena Dunham

La série de Lena Dunham a déchaîné les passions, six saisons durant. Détestée, adorée, récriée, adulée, la jeune réalisatrice, 25 ans au début de l’aventure, incarne également son personnage central, un sosie d’elle-même, aussi ambitieuse, aussi perdue, aussi insupportablement réelle et pleine de défauts. Les premières saisons, surtout, mettent l’accent sur une sexualité « réelle », sur des corps non-lissés. L’héroïne est petite, avec une « micro-poitrine » et des bourrelets. Son rapport à elle-même, à son corps et au sexe n’est pas idéalisé, pour autant, il est tout à fait assumé. Les scènes de sexe sont crues, ce qui a provoqué l’ire de nombreux observateurs, mais a surtout apporté une fraicheur dans le paysage des séries de jeunes adultes. Du cul, oui, des contes de fées, non.

CRAC-CRAC

CRAC-CRAC est une nouvelle émission réalisée par Canal + et disponible sur Youtube, qui décrypte le sexe, sans tabou et sans préjugés. Présentée par Monsieur Poulpe (youtuber, présentateur des Recettes pompettes), la série présente avec humour des pratiques sexuelles, à travers des séries de petits reportages humoristiques. A l’occasion du premier épisode, sorti en janvier, sur le fétichisme, l’émission a présenté un micro-trottoir tendancieux, une interview des pieds de Bérangère Krief et de Kyan Khojandi, et le tournage d’un film pornographique avec Guillaume Canet en co-réalisateur. Une émission qui a pour but de faire disparaître « la pression sociale du cul ».

Expositions et art
Poisson d’or, Gustav Klimt 

En 1894, Gustav Klimt est missionné pour peindre le hall (aula magna) de la grande université de Vienne. Klimt décide que les quatre facultés scientifiques – Jurisprudence, Philosophie, Médecine, Théologie – de l’institution seront représentées sous forme d’allégories. Le seul souci c’est que Klimt est passionné par les femmes et plus particulièrement lorsqu’elles sont nues. Le chef de fil du symbolisme ne se prive donc pas pour réinterpréter les figures à sont idée et bien évidemment, il fait scandale. Les peintures sont condamnées par la communauté universitaire, les scientifiques et même certaines critiques artistiques. Klimt reprend alors son pinceau et leur offre une magnifique réponse qu’il intitule « Poisson d’or » et qu’il dédie « à ses détracteurs ». On fait difficilement plus explicite.

 

Sexmuseum, Amsterdam

La ville connue à l’international pour son quartier rouge abrite aussi Le Temple de Vénus, premier musée du sexe au monde, créé en 1985. Images érotiques, tableaux, objets, enregistrements, photographies, attractions… : tout est regroupé dans cet immeuble du XVIIe siècle. On trouve par exemple, un film pornographique muet des années 20, un dessin de John Lennon où une adaptation de « Blanche Neige et les Sept Nains » au coin « conte de fées » pas loin de l’étage consacré au sado-masoschisme et de la salle du Marquis de Sade. Le musée, au cœur du fameux Quartier Rouge, reproduit une de ses rues dans les années 40-50, laissant ici le droit aux spectateurs de prendre des photos contrairement à la vraie rue.

Le musée du sexe, à Amsterdam, a été le premier musée de ce genre. © Flickr CC

 

Musée du pénis, Reykjavik

Outre ses paysages lunaires et ses puissants geysers, l’Islande possède un musée de science naturelle un peu particulier. Situé dans la capitale Reykjavík, le musée phallologique islandais possède en effet pas moins de 200 spécimens… de pénis. Des quelques millimètres des minuscules organes des souris au 1,70 mètre (et près de 75 kilos) de certaines baleines, le musée offre aux 11 000 visiteurs annuels la possibilité unique d’observer, et de comparer, les pénis de très nombreuses espèces. Avant un détour obligatoire à la boutique pour repartir avec un souvenir du meilleur goût, le visiteur ne manquera pas de découvrir les quelques spécimens de pénis humains et même un pénis d’elfe ! Incontournable pour les passionné(e)s.

Un musée unique au monde ! © Wikipédia Commons

 

 

 

Musée du vagin, Londres

Puisqu’il y en a pour tous les goûts, un musée du vagin va prochainement ouvrir à Londres ! Florence Schechter, scientifique et youtubeuse, travaille depuis le printemps dernier à l’ouverture d’un musée pour mieux faire connaître cet organe. C’est en découvrant l’existence du musée du pénis de Reykavik que la jeune femme s’est aperçue qu’il n’existait pas d’équivalent pour le sexe féminin et a décidé de palier à cette inégalité. Le futur musée sera construit sur trois axes de découverte : la science, la culture et l’histoire, pour comprendre les représentations sur l’appareil génital féminin, et sur la sexualité féminine en général.

sexePlus d’infos ici

 

The O Project, Marcos Alberti

Tabou pour un grand nombre encore, l’orgasme féminin est au coeur de ce beau projet initié par le photographe brésilien Marcos Alberti. 22 femmes, venues du monde entier, se sont prêtées aux jeux et ont accepté d’être photographiées, avant, pendant et après un orgasme. En filmant le visage de ces femmes et leur expression, Marcos Alberti participe à cette normalisation du plaisir féminin visant à glisser vers un changement des mentalités. Jouissif.

The O Project

Musique
Sexuality, Sébastien Tellier

Sorti en 2008, Sexuality est le troisième album studio de l’artiste français Sébastien Tellier, un disque consacré au plaisir des sens, à la sensualité et à la volupté, entre poésie et pornographie. Compositeur, chanteur et acteur, Sébastien Tellier, surnommé « le roi de l’électro français », nous emmène tout au long de cet album dans un voyage des sens à la découverte du plaisir féminin, marqué par des mélodies électro-pop rafraichissantes et puissantes à l’image du titre « Kilometer » essentiellement composé au synthé et souligné à fréquence régulière par des ânonnements féminins, de « Divine », qui sera choisie pour représenter la France lors du concours de l’Eurovision ou de « Roche », une mélopée au piano agrémentée de notes électroniques sensuelles et envoûtantes. Un attrait pour l’érotisme qui ressurgit cette année encore lors de sa collaboration avec la talentueuse et sulfureuse Dita Von Teese dans la composition de son premier album, dont la sortie est prévue pour le 16 février 2018.

 

Mylène Farmer

Incontournable poétesse de la sexualité et de l’érotisme, nous n’avons pas résisté à l’envie de vous faire écouter quelques unes des chansons les plus explicites de Mylène Farmer.

Elena Blum, Noémie Chardon, Elena Druck, Corentin Gorin, Josselin Petit, Chloé Rebaudo et Elise Viola.

Multiple

Toute l'équipe du journal d'Eurosorbonne se réunit pour vous proposer des articles de fond vraiment exhaustifs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *