Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (04.10-10.10)

Par Laura De Almeida, Laura Comte, Marine Béguin et Hussein Malamelli.

Pandora Papers aux Pays-Bas : les investissements suspects du Ministre des Finances

Alors que le ministre des finances français, Bruno LeMaire s’annonce “intraitable avec le système qui permet de tricher”, ce n’est pas le cas de tous les ministres des finances de l’Union Européenne. 

Les Pandora Papers ont révélé que Wopke Hoekstra, de 2009 à 2017, a investi dans une société écran installée aux îles Vierges Britanniques. Ce néerlandais n’est autre que le ministre des Finances et chargé de la lutte contre l’évasion fiscale à laquelle il a participé pendant de nombreuses années. 

En effet, Hoekstra a revendu ses actions juste avant d’entrer dans le gouvernement. Même s’il affirme ne jamais avoir été au courant que son argent était aux îles Vierges, ce témoignage ne rejoint pas celui d’autres personnes impliquées, déclarant que sur le papier d’achat des actions, le nom des îles Vierges Britanniques était bel et bien mentionné.

L’enquête collaborative menée par le Consortium international des journalistes d’investigation renvoie alors l’affaire Pandora Papers à l’ordre du jour du Parlement Européen. La liste noire, récemment révisée, se retrouve au cœur du débat entre les ministres des finances de l’Union européenne, débat duquel Wopke Hoekstra a été conseillé de s’exclure. 

 

Intégration des Balkans à l’Union Européenne : l’attente se prolonge

Où en sont les six partenaires des Balkans occidentaux dans leur processus d’intégration à l’Union européenne ?

Alors que se tenait le 6 octobre 2021 le troisième Sommet UE-Balkans  dans le château de Brdo pri Kanju à 30km de la capitale Slovène, la question de l’intégration des Balkans ne fait toujours pas l’unanimité parmi les 27.

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, demande aux Balkans de « garder le cap », lors de son discours adressé aux six partenaires. Seize ans après l’obtention du statut de pays candidat pour la Macédoine du Nord, le processus reste au point mort. Le Président français, Emmanuel Macron, présent parmi les 27 lors de ce « sommet étape », évoque des « situations très compliquées entre plusieurs pays » qui constitueraient un frein aux perspectives européennes pour les Balkans.

Le différend culturel et historique au cœur des relations conflictuelles entre la Macédoine du Nord et la Bulgarie amène cette dernière à user de son droit de Veto à l’entrée des Balkans dans l’UE. Pas plus avancés, le conflit entre le Kosovo et la Serbie menace de dégénérer à trois jours du Sommet. La liberté de la presse, la lutte contre la corruption et la criminalité restent au cœur du débat et demandent une nécessité de progrès chez les six candidats.

L’UE redonne des « perspectives à court terme » aux pays de la péninsule balkanique, vers lesquels les yeux sont tournés. En effet, la Chine et la Russie montrent leurs intérêts pour cette région géostratégique.

 

La ratification des accords de Paris par la Turquie avant la COP26 : une coïncidence ?

Ce mercredi 6 octobre, le Parlement turc a ratifié à l’unanimité l’accord de Paris adopté en 2016. Pour rappel, cet accord a été mis en place pour éviter d’aggraver le dérèglement climatique en limitant le réchauffement de la planète à un niveau nettement inférieur à 2 °C et en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C.

Cet engagement suit les dires du président turc Recep Tayyip Erdogan qui avait annoncé cette décision à la fin de septembre à New York, durant l’Assemblée générale des Nations Unies. Ainsi, la Turquie devient le 191e pays à ratifier cet accord.

La Turquie avait donc signé l’accord de Paris en 2016 mais le ratifie seulement maintenant. Ceci entraîne une obligation juridique pour l’Etat d’appliquer la Convention en vigueur. Ainsi, on peut voir cet acte pour la Turquie comme un réel engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique, qui devient de plus en plus alarmant. En effet, la situation environnementale en Turquie est réellement préoccupante, les catastrophes naturelles se multiplient, notamment des incendies de forêt sur la côte méditerranéenne et des inondations dans le Nord. Ces événements météorologiques causent de graves dégâts dans le pays, et la réaction du président turc démontre une certaine conscience vis-à-vis de la question climatique.

D’autre part, cette ratification survient juste avant la COP26 sur le réchauffement climatique qui s’ouvrira à la fin d’octobre à Glasgow. Cette décision n’est donc peut-être pas anodine de la part de M. Erdogan.

 

L’Union européenne comme nouvelle terre d’Asile pour les réfugiés politiques afghans ?

En réaction à la crise politique et humanitaire que subit l’Afghanistan, l’Union européenne a organisé une conférence de haut niveau concernant la protection des réfugiés afghans ce 7 octobre. Tenue par le Haut représentant Josep Borrell et la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, cette conférence comprenait un grand nombre d’invités politiques, dont le Haut Commissaire des Nations unies pour les Réfugiés.

L’objectif principal de l’événement est d’appliquer des mesures concrètes de coopération, dans le but d’étendre à terme ces efforts  à l’échelle mondiale. Concrètement, l’Union européenne intervient pour la mise à disposition de routes sûres pour l’évacuation d’afghans. Mais les bénéficiaires sont en grande majorité des ressortissants ayant la citoyenneté européenne. Ylva Johansson a précisé que la Commission avait pour but d’aider les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les femmes et les militants.

Cependant, ces politiques excluent un grand nombre de personnes sur place, confrontées à la crise économique que traverse le pays. Si le Haut Commissaire du HCR demande à l’Union européenne d’accueillir plus de 42 000 réfugiés ces prochaines années, Madame Johansson rappelle que l’accueil des réfugiés se fera sur la base volontaire des États-membres de l’Union.

 

Carles Puigdemont : L’audience d’extradition de l’Italie est reportée dans l’attente des décisions de la Cour Européenne de Justice

Ce lundi, un juge italien a reporté l’audience d’extradition de l’ancien Président de la Catalogne, Carles Puigdemont, préférant attendre les décisions de la Cour européenne de justice. Celle-ci doit prononcer la levée, ou non, de son immunité en tant que député européen. Il faut aussi que la Cour européenne de justice décide si la Cour suprême espagnole a le pouvoir de demander cette extradition De plus, le crime de sédition ne fait pas partie du Code pénal italien, ce qui rendrait une éventuelle procédure d’extradition très complexe.

Carles Puigdemont avait été arrêté en Sardaigne le 23 septembre, il venait d’arriver de Belgique pour assister à un festival culturel catalan, invité par un mouvement séparatiste sarde. L’ancien Président de la Catalogne était en exil en Belgique depuis 2017, après avoir tenté d’obtenir illégalement l’indépendance de la Catalogne.

La décision du Parlement européen, de lever son immunité, fait l’objet d’un recours de la part de Puigdemont, le jugement définitif n’a donc pas été rendu. Les conseillers de l’eurodéputé considèrent alors que la décision du Parlement est suspendue, tout comme l’application du mandat d’arrêt.

 

Espionnage : l’OTAN retire leur accréditation à huit membres de la mission russe

Huit membres de la mission russe sont accusés d’être des “agents non déclarés du renseignement russe”, explique un représentant de l’OTAN. Leur accréditation leur a donc été retirée pour motif d’espionnage et pour  “réduire à dix le nombre de postes pour lesquels la Russie peut s’accréditer auprès de l’OTAN”.

La Russie à quant à elle fait savoir qu’il y aura des représailles de la part de Moscou, comme l’indique le parlementaire russe Leonid Sloutski, dirigeant de la commission des Affaires étrangères de la chambre basse du Parlement.

 


Sources : Euronews (1) (2) (3) | Le Monde (1) (2)Commission européenne | Conseil de l’Union européenne | Elysée | Courrier international France Inter| RFIFrance 24La Croix | Le Figaro

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