Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (14/02 – 20/02)

Ukraine : Joe Biden « convaincu » d’une invasion imminente par la Russie

 

Nous en parlions encore la semaine dernière, les tensions s’accroissent à la frontière entre la Russie et l’Ukraine. Alors que se tenait, ce vendredi 18 février, la 58 ème conférence de Munich pour la sécurité européenne, le ton était des plus alarmistes face à une menace russe inquiétante de la sécurité du continent. « La Russie remet en cause les principes fondamentaux de l’ordre de paix européen » a annoncé la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock. 

Ce vendredi lors d’une intervention à la Maison Blanche, le chef d’État américain a dénoncé les plans de son homologue russe : «au stade actuel, je suis convaincu que (Vladimir Poutine) a pris la décision». D’après les renseignements américains, les forces russes sembleraient avoir l’intention d’attaquer l’Ukraine et sa capitale Kiev dans les jours à venir. Cependant, Joe Biden ne ferme pas définitivement la porte à la diplomatie :

« la Russie a le choix – entre la guerre et toutes les souffrances qu’elle apportera – ou la diplomatie qui rendra l’avenir plus sûr pour tout le monde » a-t-il tweeté vendredi soir.

Une rencontre est prévue entre les chefs des diplomaties des deux pays le 24 février 2022. 

Le scénario d’une invasion russe plane au-dessus de la tête de l’Europe : alors que Moscou a prétendu ce jeudi avoir mis en œuvre un retrait de ses troupes, l’information a été démentie par la Maison Blanche qui affirme l’arrivée de 7 000 militaires aux frontières du pays. Le déploiement semble se poursuivre et laisse craindre une invasion imminente. La multiplication des violations de cessez-le-feu entre les forces ukrainiennes et les séparatistes prorusses (en conflit depuis 2014) pourrait donner à la Russie une « fausse justification » pour envahir l’Ukraine (Vladimir Poutine accuse l’Ukraine de nourrir le conflit et d’être responsable des aggravations). Alors que les tensions se multiplient, Joe Biden affirme que les États-Unis feront tout leur « possible pour retirer aux Russes tout prétexte pour justifier une invasion de l’Ukraine et pour les empêcher d’agir. »

 

Espagne : une crise politique aux airs de “guerre civile”

 

Alors que le 4 mai dernier la candidate espagnole Isabel Díaz Ayuso assurait la domination de son Parti Populaire lors de l’élection régionale anticipée de Madrid, la « Trump espagnole » en conflit avec le président du parti, Pablo Casado, fait la une de la presse espagnole. La présidente de la région de Madrid est accusée par la chef de son propre parti de corruption. Cette « crise sans précédent » pourrait bien signer l’implosion du parti de l’opposition. 

Qualifiée par la presse espagnole d’étoile montante du parti, Isabel Díaz Ayuso accuse le président de son parti d’espionnage et de fausses accusations concernant son frère, Tomás Díaz Ayuso. Une enquête dans l’ombre aurait été menée sous les ordres de Pablo Casado à l’égard du frère de la présidente de la région de Madrid, accusé d’avoir profité de l’argent d’un contrat d’achat de masques sous la direction d’Isabel Díaz Ayuso, et notamment d’une somme de 280 000 euros. Alors que l’exécutif de Madrid affirme la légalité de cette commission, ce scandale de corruption fait la une des journaux espagnols.

Cette guerre ouverte entre deux anciens amis de jeunesse pourrait signer la mort politique d’un des deux, annonce un chroniqueur de la radio espagnole SER : « au terme de ce carnage, seul l’un ou l’autre restera politiquement en vie ». Le leadership croissant de la jeune femme pourrait bien être à l’origine de ce divorce politique au sein même de la droite. Seulement le moment semble mal (ou plutôt bien) choisi pour une querelle : la droite populaire de Pablo Casado est en plein dilemme. Alors que le Parti populaire n’obtient pas la majorité aux élections régionales de Castille, le parti identitaire Vox (la voix du peuple), qui a obtenu 18% des voix lors de ces élections, propose son soutien au Parti populaire en échange d’une place dans le gouvernement régional. Santiago Abascal, président de Vox, a déclaré : « Les électeurs ont parlé, nous exigeons ce qui nous revient, ni plus ni moins ». Le Parti populaire se retrouve face à un choix cornélien.

 

Sommet Union européenne – Union africaine  : vers un partenariat renouvelé

Du 17 au 18 février s’est tenue à Bruxelles la sixième édition du Sommet Union européenne (UE)– Union africaine (UA). Pendant deux jours, les chefs d’État ou de gouvernement des deux Unions se sont réunis pour discuter des principales problématiques euro-africaines, et mettre en place une Vision commune pour 2030, ayant pour objectif de « consolider un partenariat renouvelé pour la solidarité, la sécurité, la paix, le développement économique durable et inscrit dans la durée et la prospérité pour nos citoyens et nos générations futures, en réunissant nos peuples, nos régions et nos organisations. », selon la déclaration conjointe du sixième sommet.

Le Sommet UE-UA a été co-présidé par le président du Conseil européen Charles Michel, et le président de l’UA et du Sénégal, Macky Sall. Les pays ont proposé un ensemble de projets concrets (mot répété de nombreuses fois par les dirigeants africains, lassés des déclarations sans suite) afin de raviver des relations amenuisées par la pandémie. En effet le Covid a retardé de deux ans l’édition prévue en 2020 et a fait passer au second plan le mise en application des objectifs du cinquième sommet à Abidjan en 2017. L’idée de renouvellement des relations euro-africaines autour du triptyque « prospérité, sécurité, mobilité » était donc au cœur des débats.

Les dirigeants de l’UE et de l’UA ont été répartis sur sept tables rondes portant sur des « thématiques éligibles aux fonds européens […] : financement de la croissance ; santé et production vaccinale ; transition énergétique, numérique et transport ; agriculture et développement durable ; éducation, formation professionnelle, mobilité et migrations ; appui au secteur privé et intégration économique ; paix, sécurité et gouvernance. »

Ce mode de discussion innovant a permis aux dirigeants de proposer directement des solutions à travers des échanges plus directs. 

Voici en bref ce qu’il faut retenir de ce sommet UE-UA :

  • Un paquet d’investissement de 150 milliards d’euros a été annoncé au service de la Vision commune pour 2030. Ce budget a pour but de stimuler les investissements publics et privés dans des domaines comme les infrastructures énergétiques, la transition énergétique et écologique, la croissance durable, etc.
  • l’UE a réaffirmé sa volonté de fournir 450 millions de doses de vaccins contre le Covid-19 à l’UA d’ici juillet 2022, notamment grâce à COVAX et l’initiative Act-A.
  • 425 millions d’euros vont être mobilisés pour accélérer la vaccination et la lutte contre le virus en Afrique.
  • Une réunion informelle s’est tenue pour discuter de la situation en Ukraine.

La prochaine édition du Sommet UE-UA se tiendra en 2023, en Afrique.

 

Levée progressive des restrictions sanitaires en Europe : vers la fin du Covid-19 ?

Enfin des bonnes nouvelles sur le Covid ! La cinquième vague due au variant Omicron a frappé extrêmement fort l’Europe avec un nombre record de contaminations. Ce variant particulièrement contagieux a tellement contaminé la planète qu’il laisse désormais apercevoir un espoir d’immunité collective ; aperçu qui pousse les gouvernements européens à lever progressivement les restrictions sanitaires (pour notre plus grand plaisir).

En France 

  • Le 15 février, le pass vaccinal des personnes n’ayant pas reçu la dose de rappel a été invalidé.
  • Les discothèques ont rouvert ce mercredi 16 février, la consommation debout dans les lieux clos est de nouveau autorisée.
  • Fin du port du masque obligatoire dans les établissements soumis au pass vaccinal dès le 28 février.
  • Allègement du protocole sanitaire dans les écoles prévu pour la rentrée scolaire en mars.
  • Une levée du pass vaccinal est envisagée d’ici la fin mars, rien n’est confirmé pour l’instant. 

En Allemagne

  • À partir du 20 mars, la plupart des restrictions sur la vie sociale, culturelle et économique vont être supprimées.
  • Le port du masque reste obligatoire dans les lieux clos.
  • Les jauges dans les enceintes sportives vont être supprimées.

En Angleterre  

  • Boris Johnson visait déjà l’immunité collective dès la première vague en mars 2020, désormais il souhaite mettre fin à l’isolement des cas positifs et des cas contacts. 
  • Les restrictions ont déjà commencé à être levées concernant le port du masque.

En Belgique

  • Les discothèques ont rouvert le vendredi 18 février.
  • Le pays espère lever en mars les dernières restrictions.

En Italie 

  • Le port du masque n’est plus obligatoire en extérieur mais le reste en intérieur, au moins jusqu’au 31 mars.
  • Les discothèques ont rouvert le vendredi 18 février, avec une jauge et la nécessité du pass vaccinal.

En Espagne 

  • Le port du masque n’est plus obligatoire en extérieur.
  • Les discothèques ont aussi rouvert ce vendredi 18 février.

En Norvège 

  • Le 12 février, le pays avait supprimé les consignes de distanciation sociale ainsi que le port du masque en extérieur, la taille des rassemblements ou le télétravail.

Les mesures vont globalement toutes dans le même sens avec un calendrier un peu différent, mais la ligne directrice est claire : on se rapproche du retour à la normale !

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