Voir la transition énergétique dans la vie de tous les jours

L’Union européenne s’est dotée depuis les années 1990 d’une politique favorable à une croissance durable et responsable pour l’ensemble des États membres. Cette politique comprend également un paquet juridique contraignant, que ces États doivent respecter, mais peuvent dépasser.

La transition énergétique est inscrite à l’agenda européen depuis la signature du traité de Maastricht en 1992, qui confère à l’Union une compétence juridique pour légiférer sur une transition vers une énergie plus durable. Ainsi, le 12 décembre 2008, l’Union met en place son « paquet énergie-climat », ensemble de mesures pour 2020 visant à palier les effets du réchauffement climatique, également connu pour son objectif « 3 x 20 » : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 ; améliorer de 20 % l’efficacité énergétique ; et enfin porter à 20 % la contribution des énergies renouvelables dans les bilans énergétiques.

Au-delà des chiffres et des discours, cette transition énergétique se rend visible dans le paysage quotidien, parfois insidieusement, parfois de manière plus visible. Voici donc un petit tour européen des avancées techniques et des innovations en matière de réduction de l’énergie.

Les éoliennes et arbres à vent

On connaît tous maintenant la version éolienne en plein milieu d’un champ de betteraves, mais moins la version urbaine : l’arbre à vent. Vous en avez peut-être croisé à Roland-Garros ou ailleurs en ville, cette éolienne métropolitaine a la forme et la taille d’un arbre moyen, entre 8m et 12m. Le système d’hélice a été reporté dans la centaine de petites « feuilles » de l’arbre, qui s’enclenchent au contact du vent, et produisent de l’énergie. Moins encombrant et moins bruyant qu’une éolienne classique, elles sont également plus esthétiques et s’inscrivent bien mieux dans le paysage urbain. Le bilan sur le rapport efficacité énergétique/émission de carbone est cependant encore mitigé, de réelles études sont à venir et cet arbre attend encore d’être amélioré, notamment pour combler le manque de courant d’air créé par la multitude de bâtiments. A suivre de près !

Les éco-quartiers

D’initiative privée ou publique, les éco-quartiers se construisent partout en Europe et sont le reflet de la volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre dont les villes sont responsables à hauteur de 80%. L’enjeu est donc crucial, les négociations parfois ardues. On peut voir cette évolution dans l’éco-quartier de la ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) de Rungis du 13ème arrondissement de Paris, ou encore dans celui qui naît en ce moment dans le 14ème arrondissement, sur l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Des labels sont distribués pour les meilleurs éco-quartiers, comme le label « EcoQuartier » en France, initié par le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, ce qui pousse les acteurs privés et publics à s’unir pour construire des quartiers durables. Ils sont construits sur le principe de l’économie d’énergie et la durabilité de ces quartiers, et comprennent des systèmes de récupération des eaux de pluie, une réduction de la circulation automobile, l’insertion d’énergies renouvelables dans les nouveaux bâtiments…

Le ramassage des déchets par aspiration pneumatique

Quèsaco ? Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de ce type de ramassage des déchets, et pourtant l’explication se trouve dans le nom : dans ce système, les déchets sont aspirés par des tuyaux souterrains et automatisés. Un tel système a l’avantage d’éviter les odeurs et la pollution visuelle causées par les grosses bennes à ordure et les camions ramasseurs de déchets. Il permet de réaliser des économies d’énergie au sens où ces camions n’ont plus besoin de circuler quand ce système est présent. Il n’est encore pas très répandu en France, quoiqu’il commence à faire son apparition, mais a été largement démocratisé à Barcelone. En Île-de-France, ce système a vu le jour à Romainville (Seine-Saint-Denis) en 2011.

L’auto-partage ou car sharing

La voiture comme réponse au réchauffement climatique ? Ce n’est pas la meilleure en effet, mais elle n’est pas à rejeter complètement tout de même ! Le car sharing ou l’auto-partage c’est le joli nom pour un système déjà huilé, la start-up BlaBlaCar en est un parfait exemple. Mais le car sharing se voit aussi dans les quartiers rénovés ou les éco-quartiers, le but étant de réduire l’ensemble de la circulation urbaine et ainsi l’impact environnemental. Ce sont aussi les Autolib’ à Paris, ou les voitures électriques de manière générale (Peugeot iOn par exemple, première voiture électrique à être vendue en masse dès 2010 en Europe), les entreprises étant plus fortement sollicitées pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les débats autour des panneaux solaires photovoltaïques

Écolo les panneaux ? Pas si sûr ! Les panneaux photovoltaïques se sont largement démocratisés ces cinquante dernières années, que ce soit au niveau des entreprises ou dans les foyers. Cet outil se module et s’adapte de plus en plus facilement et permet de réaliser des économies d’énergie non négligeables. Les panneaux solaires s’adaptent si bien qu’une start-up allemande, Sono Motors, a créé la voiture électrique « Sion », capable de se recharger toute seule (au soleil quand même) grâce à ses panneaux intégrés ! Cependant, de plus en plus de critiques portent sur les problèmes causés par l’obsolescence de ce matériel, et les problèmes de recyclage que cela entraîne. En effet, certains matériaux utilisés dans ces panneaux ne se recyclent pas, et cela ne fait que déplacer le problème du gaspillage d’énergie au bout du compte.

Souvent l’initiative d’entreprises privées, parfois isolées, ou de concert, ces projets reconstruisent nos villes, dessinent notre avenir. Ces innovations suscitent pourtant de vives critiques au sein des populations et des techniciens, la plus répandue étant celle qui nous dit que les gains en énergie ne sont pas suffisants pour combler l’énergie utilisée à la construction et à l’installation de tels systèmes. Il paraît ainsi nécessaire pour la Commission d’investir davantage en matière de recherche et d’innovation de sorte à améliorer ce qui existe déjà, et répondre aux besoins de demain (et d’aujourd’hui ?).

Anais De Muret

Étudiante en Master 2 Études européennes, stagiaire chez URBACT, toujours en quête d’actions vertes et passionnée par la complexité et la diversité des villes européennes.

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