Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (1.02-07.02)

Les chefs d’Etat et de gouvernement appellent à la « libération immédiate » du dissident russe Navalny

Alors que des manifestations de grandes ampleurs agitent la Russie pour exiger la libération du dissident russe Alexei Navalny condamné à 3 ans de prison, les représentants européens ont réclamé ce mardi 2 février la « libération immédiate » de l’opposant russe. Ce dernier, qui avait été contraint de s’exiler en Allemagne après une tentative d’empoisonnement au Novitchok, a été arrêté le 17 janvier dernier dès son arrivée sur le tarmac de l’aéroport après avoir fait le choix délibéré de retourner à Moscou. À l’origine de cette affaire : un documentaire réalisé par Alexei Navalny montrant un palais luxuriant sur les bords de la Mer Noire que Poutine aurait fait bâtir grâce à la corruption institutionnalisée qui gangrène la Russie. Le représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Joseph Borrell, doit justement se rendre à Moscou cette semaine. Il aura la charge de faire passer des messages forts sur les droits de l’homme, en particulier au regard des répressions brutales menées par les forces de l’ordre sur les manifestants, ainsi que d’inviter le chef du Kremlin à respecter ses engagements internationaux en la matière.

Ursula von der Leyen critiquée pour sa stratégie vaccinale face à l’épidémie

Malgré l’arrivée de nouvelles livraisons de vaccins commandées au nom de l’Union européenne, la stratégie vaccinale menée par la présidente de la Commission demeure encore fortement critiquée. Les mécontentements portent notamment sur les retards de livraison annoncés qui ont amenés l’UE à ne pouvoir fournir que 40 millions de doses sur les 80 millions initialement prévues pour le 1er trimestre. Les critiques portent également sur les choix stratégiques faits dans les contrats signés avec les laboratoires, et plus particulièrement avec le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca qui n’a pu garantir que 25% des plus de 100 millions de doses commandées comme le souligne le média Ouest-France. Madame Ursula von der Leyen va devoir redoubler d’efforts pour faire oublier ses erreurs stratégiques d’autant plus que ces retards surviennent une semaine après les vives reproches reçues pour l’élaboration d’un texte destiné à soumettre les exportations de vaccins vers l’étrangers à une procédure d’autorisation nationale. Ce document commandé par la présidente de la Commission à son cabinet vise à garantir que les laboratoires n’exportent des doses au Royaume-Uni avant d’être en mesure de répondre aux commandes européennes. 

Accord UE-Mercosur : le blocage français

Tandis que l’accord UE-Mercosur est censé représenter l’accord le plus important de libre-échange conclu par l’UE, tant en raison des volumes d’échanges couverts (40 à 50 millions d’euros d’échanges commerciaux) que des populations concernées (780 millions de personnes), les Etats européens et d’Amérique latine peinent toujours à trouver un compromis 20 ans après le projet d’élaboration de ce pacte. Le dernier obstacle persistant repose sur le véto déposé par le gouvernement français qui fait suite à un certain nombre de mécontentements portant sur des points clefs de l’accord comme en témoigne l’annonce faite sur Twitter du secrétaire d’Etat français au commerce extérieur, Franck Riester : « La France ne fera aucun compromis sur les demandes que nous avons formulées le 18 septembre ». Les exigences portent notamment sur la lutte contre le changement climatique, avec en priorité, la lutte contre la déforestation et le respect de l’accord de Paris que le président Jair Bolsonaro a clairement mis de côté durant son mandat. Un document présenté par le gouvernement français cite de façon plus précise les exigences européennes qui pourraient infléchir sur la levée du véto français. Parmi ces exigences : la mise en place d’une initiative législative sur la déforestation importée, l’instauration de normes sanitaires sur le bétail arrivant sur le marché européen, le rétablissement d’un moratoire sur les cultures sucrières d’Amazonie et le soja ainsi que le retrait des mesures nuisibles pour les forêts ou encore le renforcement des efforts de lutte contre la déforestation

La création d’un mécanisme européen de certification de cybersécurité pour les réseaux 5G

La Commission européenne a annoncé ce mercredi 3 février la mise en place prochaine d’un mécanisme de certification de cybersécurité pour les réseaux 5G. Cette nouvelle décision s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur la cybersécurité adopté en 2019 et destiné à inciter les entreprises des télécommunications à « renforcer la sécurité de leurs appareils connectés afin de parvenir à une certification européenne » comme l’explique le média Euroactiv. D’après le communiqué, l’objectif de ce nouveau système de certification des réseaux 5G sera de renforcer la sécurité technique des réseaux européens et améliorer la cybersécurité des réseaux 5G ; plus vulnérables aux risques d’attaques cybercriminelles compte tenu de leurs structures moins centralisée, des antennes supplémentaires qu’ils requièrent ainsi que de leurs nécessaires interconnexions à des logiciels. L’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité, l’ENISA, a ainsi été mandatée afin d’élaborer ce label unique pour tous les Etats membres qui devrait permettre d’harmoniser les produits échangés sur le marché européen. 

Le renforcement de la lutte contre la vente de faux certificats PCR négatifs  

Face à l’obligation de présenter un certificat PCR négatif mise en place par un certain nombre d’États pour pouvoir entrer sur leur territoire, les ventes de faux certificats PCR négatifs se multiplient dans l’Union européenne. Europol, l’office européen de police, appelle les autorités européennes à redoubler d’efforts pour lutter contre les fraudeurs qui opèrent sur les réseaux sociaux et parfois directement sur les lieux de contrôle tels que les gares ou les aéroports. Ces faux tests PCR, particulièrement faciles à falsifier avec un simple logiciel de retouche et donc très difficile à détecter par les autorités, s’avèrent être des véritables casse-têtes pour les compagnies aériennes et la police aux frontières comme l’indique un article du Figaro.

Constance MAILLARD

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