Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (07/03-13/03)

 

Où en est l’égalité salariale entre hommes et femmes ? 

Le 8 mars, qui est tombé un mardi cette année, était la journée des droits des femmes. Et, coïncidence ou non, le ministère du Travail a publié lundi 7 mars la quatrième édition annuelle de l’index de l’égalité professionnelle. Cet index mesure en fait l’égalité salariale dans les entreprises d’au moins 50 salariés.  Il s’est avéré que la note moyenne des entreprises a augmenté de seulement un point sur 100, c’est-à-dire qu’elle est passée de 85 points sur 100 en 2020 à 86 sur 100 en 2021. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a affirmé que les entreprises de plus de 50 salariés qui ne sont pas parvenues à atteindre les 75 points attendus durant 3 années consécutives, recevront des sanctions financières, et ce, pour la première fois.

Par exemple, le club de football de Paris pourrait recevoir une sanction financière en raison du non-respect évident de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. Le Paris-Saint-Germain ne respecterait pas plusieurs critères comme l’égalité de rémunération ou les augmentations annuelles pour les femmes. Toutefois, il semble que le cas des clubs de football soit différent, le PSG dénonce d’ailleurs cette incohérence. 

En effet, selon le syndicat des clubs de football professionnels Foot Unis cette mesure est incohérente, puisqu’elle est difficilement applicable dans le milieu du ballon rond. Le PSG peut toujours se défendre en entament une procédure contradictoire dans le but de démontrer que sa forme économique n’est pas tout à fait compatible avec les indicateurs de l’index égalité femmes/hommes, mais rappelons que le but de cet index est que les entreprises fassent des efforts, peu importe leur modèle économique. 

 

Tentative de meurtre d’Yvan Colonna en prison : la révolte des corses 

La présidente autonomiste de la Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, a dénoncé des actes de rébellion sur l’île, en raison de la tentative de meurtre d’Yvan Colonna dans la salle de sport de la prison d’Arles, dans les Bouches du Rhône. Huit jours après l’agression du militant indépendantiste corse, les manifestations se sont intensifiées dans la nuit du mercredi 9 mars, des manifestations qui se sont d’ailleurs transformées en intrusions et en incendies au sein du palais de justice d’Ajaccio.

Les corses dénoncent un “État français assassin” en écrivant sur leurs banderoles “Per Yvan, Statu francesu assassinu” : “Pour Yvan, État français assassin”. Yvan Colonna a été condamné en 1998, à la perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. 

Aujourd’hui, ce dernier est dans le coma des suites d’une agression datant du 2 mars dans sa prison par un codétenu emprisonné pour terrorisme. Ces manifestations ont pris de l’ampleur dans l’île à l’appel d’étudiants, de lycéens, d’organisations nationalistes ou de syndicats, ils dénoncent l’inaction de la part de l’Etat français. D’autre part, le premier ministre Jean Castex a levé mardi le statut de DPS (détenu particulièrement signalé) d’Yvan Colonna, pour apaiser les tensions, mais cela n’a pas eu l’effet escompté. Certains militants corses affirment même que cette décision serait de la pure provocation. Mais la présidente autonomiste de Corse s’inquiète pour la Corse, et demande au président Emmanuel Macron d’agir au plus vite, puisqu’elle craint une escalade des événements en Corse. 

 

Sommet de Versailles : que prévoit l’Europe face à la menace Vladimir Poutine ?

Les 10 et 11 mars les 27 dirigeants de l’Union Européenne sont réunis à Versailles pour un sommet informel dans le cadre de la guerre ukrainienne. Quels étaient les objectifs et que retenir de ce sommet ? On fait le point avec vous. 

Dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union Européenne (PFUE), les chefs d’États des 27 se sont réunis, en compagnie d’Ursula Von der Leyen (Présidente de la Commission européenne) et Charles Michel (Président du Conseil Européen) dans l’objectif de montrer le soutien de l’UE à l’Ukraine et de réaffirmer l’unité européenne dans ce contexte de guerre en Europe. Le second objectif était de réduire les dépenses stratégiques de l’Union (énergie fossile, gestion du stockage de gaz, matières premières, numérique contre toute cyberattaque…) et de réfléchir à des solutions pour améliorer la défense européenne.

À l’issue de ce sommet, l’Union affirme une « condamnation unanime et ferme de l’agression russe », illustrée par la mise en place d’une nouvelle série de sanctions (notamment économiques) adressée à la Russie pour répondre à des agressions que le Présidente de la Commission qualifie comme atroces, ou encore de crime de guerre (rappelons que lors de bombardements il y a deux jours en Ukraine, une maternité a été prise pour cible, faisant trois morts, dont une enfant). Les 27 ont également affirmé mettre en place un « soutien inédit à l’Ukraine en livrant ensemble des équipements, du matériel humanitaire mais aussi des armes », ainsi qu’une aide de 500 millions d’euros.

Cependant, le sommet s’annonce décevant pour Kiev. En effet, l’Union Européenne a rejeté la demande d’adhésion rapide de l’Ukraine dans l’Union. Le Président français s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet :

 « Pouvons-nous avoir une procédure accélérée ou exceptionnelle avec un pays en guerre sans regarder aucun critère ? La réponse est non »

L’Union européenne s’engage donc dans un soutien sans relâche à l’Ukraine et reconnaît tout de même son appartenance à la « famille européenne ». Face à cette situation de crise, l’Union Européenne semble vouloir montrer une unité qu’on ne lui connaissait pas, ce que beaucoup tendent à critiquer, relevant plus de progrès “en l’espace de quinze jours qu’en l’espace de vingt ans”. 

 

Moment de répit pour Boris Johnson : le scandale « partygate » aux oubliettes ? 

Nous en parlions il y a quelques semaines, le scandale arrosé du « partygate » qui faisait trembler les murs de Downing Street avait fait sombrer la popularité du Premier ministre britannique. Accusé d’avoir organisé des fêtes et rassemblements pendant les confinements mis en place en Grande-Bretagne en pleine pandémie mondiale de la Covid-19, l’affaire était sur le point de lui coûter son poste. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il est vrai que la guerre ukrainienne a pris la place principale dans l’actualité internationale, laissant un peu de répit à certains sujets. Alors que le Premier ministre britannique était empêtré dans un scandale ayant presque signé sa mort politique, Boris Johnson a su saisir sa chance de redorer son image en montrant son implication dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Qualifiée de « cadeau des dieux » par le journal Courrier International, cette crise européenne lui a permis de renouer avec le peuple britannique.

Très impliqué dans le conflit, le Premier ministre a réagi, dès le début des hostilités, en envoyant des armes à l’Ukraine et en maintenant une relation directe avec le Président Ukrainien, Volodymyr Zelensky. Ainsi, la guerre en Ukraine semble avoir volé au secours de Boris Johnson, ce dernier ayant d’ailleurs été salué par le peuple ukrainien et ses homologues occidentaux. Le Premier ministre a également saisi l’occasion pour montrer son ambition pour une « Grande-Bretagne mondiale » incarnée par une nouvelle doctrine post-Brexit et une indépendance vis-à-vis de l’Europe. Cependant, Boris Johnson essuie tout de même quelques critiques, notamment venant de la gauche qui déplore une soudaine « nouvelle passion pour l’Ukraine » afin d’échapper à un scandale humiliant. 

Le Financial Times affirme tout de même que « la guerre change le sujet, mais les électeurs n’oublieront pas le ‘partygate’ ». Même si le Premier ministre semble réellement engagé dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie, cela ne semble pas effacer ses entorses aux règles sanitaires.

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