Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (07.10 – 13.10.19)

Verdict des Commissaires Européens : La candidature de Sylvie Goulard officiellement rejetée… pour la seconde fois. 

Après l’audition du 2 octobre, la candidature de Sylvie Goulard à la Commission pour le poste de Commissaire européenne au Marché Intérieur a finalement été rejetée ce jeudi 10 octobre. 82 élus ayant voté contre sa nomination, 29 pour, et 1 s’étant absenté, il s’agit d’un échec majeur. 

Mais pourquoi ce refus ?

Sa candidature fut rejetée pour des raisons dites « éthiques ». En effet, on peut rappeler que la candidate est impliquée dans deux affaires en cours. Ces affaires portants sur des soupçons de participation à un système d’emploi fictifs, pour son parti, MoDem. Et sa rémunération par un groupe de réflexion américain alors qu’elle était eurodéputée. L’une de ces enquête étant tenue par la Justice française et l’autre par l’Office Anti-Fraude (Olaf). 

Un échec pour la France et pour l’Europe ? 

Ce rejet représenterait un échec important tant pour les politiques français que pour a presse française.

Dans son interview du 11 octobre pour France inter, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargée des Affaires européennes, Amélie De Montchâlin a annoncé qu’il s’agissait d’une « crise institutionnelle majeure pour l’Europe », et d’une « défaite majeure pour l’Europe ». Elle a pu annoncer son souhait d’avoir plus de revendications de la part de la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen : « Il faut qu’Ursula von der Leyen nous dise ce qu’elle attend de la France parce que c’est elle qui a piloté son équipe, c’est elle qui fait une proposition, c’est elle qui a organisé les choses. Et nous avons-nous en France à recevoir de sa part les instructions ». 

La secrétaire d’État a laissé croire que les motifs de ce rejet étaient à revoir : « Sylvie Goulard est passée devant trois commissions, elle a été auditionnée pendant six heures, elle a été examinée par la commission des affaires juridiques qui a la mission de regarder, dans ce processus, s’il y a des conflits d’intérêt. Cette commission n’a rien trouvé à redire sur les conflits d’intérêts ». 

Sylvie Goulard ne siègera pas dans la Commission Von der leyen. Et ce, malgré les inquiétudes de la député LREM. 

Au delà des personnalités politiques le paysage médiatique français fut quant à lui surpris par ce refus, ainsi Le Monde parlait d’une « défaite cinglante », et l’Opinion d’une « humiliante défaite » et d’une « claque magistrale ». Malgré quelques propositions de remplacement par la France ici et là (Bruno le maire (ministre de l’Économie), Florence Parly (ministre des Armées) ou encore Amélie de Monchalin, seraient en première ligne selon les Échos. Cependant, ces propositions sont loin d’être effectives, c’est donc un coup dur pour la France d’Emmanuel Macron, qui souhaite plus que jamais s’imposer sur la scène Européenne. 

 

 

Danemark : Lors d’un sommet à Copenhague, 14 villes annoncent vouloir réduire leur impact environnemental. 

Le mercredi 9 octobre se tenait le sommet international des maires à Copenhague, les membres du réseau urbain C40 ont déclaré l’urgence climatique, et ont annoncé vouloir « placer l’action climatique eu cœur de toutes les prises de décision » d’après Le monde.  

Les villes, dont  Paris avec Anne Hidalgo, présidente du Sommet depuis 2016, ou encore Séoul,  ont dévoilé leurs initiatives pour tenter d’accéder à une alimentation « plus saine ». À travers celles-ci, ils espèrent réduire les émissions de Co2 de 60%, d’ici 2030, pour le secteur alimentaire. Il est question ici de limiter la consommation de viande générale. Les représentants de ces villes se sont donc mis d’accord sur « régime de santé planétaire » à mettre en place dans leurs cantines municipales, qui représentent à elles-seules 500 millions de repas par an. 

L’objectif étant à l’échelle globale, d’établir un régime alimentaire sain et respectueux de l’environnement, permettant de nourrir 10 milliards de personnes. 

D’où vient la crise ? Quelles solutions ? 

  • Dans les 94 villes du C40 le secteur de l’alimentation génère 13% des émissions de CO2 dans le monde, il est susceptible d’atteindre 38% d’ici 2050.
  • D’après une étude de l’Université de Leeds en Angleterre, partagée par le monde, le « régime santé planétaire » permettrait de réduire ces émissions de 60 % d’ici à 2050, ce qui reviendrait à prévenir le décès de 170 000 personnes chaque année.
  • Seulement 14 villes sont engagées dans ce projet.  

Une solution qui semble donc toute trouvée.

 

 

Pologne : quand l’homophobie est un argument de Campagne pour les législatives. 

La communauté LGBTI+ (Lesbiennes, Gays, Trans, Intersexes+) est persécutée en Pologne depuis plusieurs années, et fait face à de multiples attaques violentes. Cependant, cette vague homophobe va plus loin et s’exprime explicitement comme un argument de campagne pour les prochaines législatives. 

Un pays aux valeurs conservatrices

La Pologne est un pays européen conservateur, aux valeurs catholiques fortes. Effectivement l’Église y tient un rôle majeur : 92% de la population polonaise se dit catholique. Euronews nous fait savoir que ces persécutions qui alimentent un véritable « climat de peur » dans le pays, montrent également que la Pologne est l’un des derniers pays d’Europe à ne pas reconnaître les unions homosexuelles (de toutes sortes). 

En effet, Le PiS (parti Droit et Justice) est actuellement au pouvoir en Pologne et prône ouvertement l’homophobie comme argument de campagne. Son président, Jaroslaw Kascynski a même annoncé lors d’un meeting : « La famille c’est une femme, un homme et leur enfant, dans une relation stable ». 

Malgré les tentatives d’appel à une société « plus ouverte, plus tolérante et plus sécularisée » du juge Dariusz Standerski, leader du SLD (alliance de gauche), les partis de gauche ne représentent que 13% des votes lors des sondages, et le PiS 40 à 45%. Euronews présente également les résultats d’une récente enquête d’opinion, concernant les hommes polonais de moins de 40 ans, et pour lesquels le mouvement LGBTQI+ est « la plus grave menace » dans le pays. 

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