Banksy face aux capitales européennes

Quand la plupart des artistes contemporains cherchent à être exposés dans les galeries les plus réputées, Banksy lui s’oppose aux capitales européennes qui profitent de sa renommée pour l’exposer…contre son gré. 

Quand les capitales européennes exposent Banksy

Depuis la fin d’année 2018, de nombreuses expositions au nom de Banksy ont fleuri en Europe. Les capitales européennes ont repris le phénomène Banksy à leur compte : « The world of Banksy » à Paris, «  the art of Banksy » à Bucarest ou encore « Banksy, Genius or Vandal ? » à Lisbonne. Cependant, chacune de ces expositions a été mise en place sans le consentement de l’artiste. Ce à quoi Banksy répond : « Les membres du public doivent savoir qu’il y a eu une série d’expositions de Banksy dont aucune n’est consensuelle. Elles ont été entièrement organisées à l’insu de l’artiste et son implication. Merci de les traiter en conséquence ». Sur son site officiel, Banksy a exposé la liste de ces expositions ainsi que leur prix d’entrée, allant de 6 à 30 euros pour certaines capitales européennes comme Gothembourg par exemple (capitale économique de la Suède) qui propose un prix d’entrée de 18 euros ou encore Paris qui propose une entrée à partir de 14 euros.

Dans une conversation publiée sur son compte Instagram, l’artiste anonyme déclare avoir pour principe de « ne pas faire payer les gens pour voir ses œuvres (…) » il annonce également ne pas être « la meilleure personne pour se plaindre des gens qui affichent des images sans permission ». Une démarche qui semble paradoxale puisque l’artiste britannique véhicule ouvertement un message anti-consumériste, à travers ses œuvres et ses actes. Bansky est un artiste subversif, qui porte un regard ironique sur la société de consommation et la marchandisation de l’art. On se souvient alors de l’épisode du 17 octobre 2018, où l’artiste avait détruit en direct l’une de ses créations, alors qu’elle allait être vendue aux enchères par la grande maison de vente, Sotheby’s, pour la somme pharamineuse de 600 000 dollars, soit plus de 540 000 euros. Marquant une nouvelle fois l’idée que ses œuvres ne sont pas à vendre. Selon le street artiste l’art ne devrait pas être réservé à une élite économique mais devrait plutôt profiter au plus grand nombre.

Banksy VS le marché de l’art

Banksy s’est exprimé une nouvelle fois à travers une boutique dédiée à ses dernières créations. Située à Londres, elle comptait des objets de mobilier, comme des lampes et des horloges, cependant au grand désespoir de ses fans et des acheteurs d’art qui attendent au pied levé l’occasion de s’approprier l’une de ses œuvres… rien n’était à vendre. On pouvait y observer ses créations à travers les vitres de la boutique, à la manière d’une petite mise en scène. Cette boutique devait permettre à Banksy de défendre ses droits d’auteur, et ainsi éviter la commercialisation de son nom par la société de carte de vœux Full Color Black, comme le rappelle le magazine connaissance des arts. Le droit des marques obligeant l’artiste à vendre lui-même ses œuvres, c’est à sa manière qu’il fait valoir ses droits, un énième pied de nez à une société consumériste à laquelle il souhaite s’opposer.

Malgré tout, l’artiste finit par rendre ses œuvres accessibles. Il a annoncé sur Instagram quelques jours plus tard que toutes les œuvres de la boutique seraient disponibles sur son site internet à des prix dérisoires, en effet  certains des objets ont été vendus pour la modique somme de 10 livres, soit 11, 7 euros. A titre comparatif,  l’une de ses pochettes de vinyles,  s’est récemment vendue au prix record de 10 256 $ (soit 9257 euros). Mais à vous qui lisez cet article et qui seriez intéressé par l’un de ces objets, nous sommes au regret de vous annoncer que vous arrivez bien après la tempête car toutes les œuvres sont en rupture… désolés.

 Banksy is… Banksy

Le rire, c’est la politesse du désespoir. En grand amateur d’ironie et de sarcasme, l’artiste avait annoncé sur son compte Instagram que sa boutique en ligne présenterait « du mobilier et du désespoir ». Depuis le début de sa carrière médiatique, l’artiste n’a cessé de dénoncer la place de l’argent dans le monde de l’art. Ainsi, il avait annoncé que tous les fonds récoltés seraient reversés pour « financer l’achat d’un canot de sauvetage pour les migrants », en référence au bateau de sauvetage confisqué par les autorités italiennes en Septembre 2019. Ces fameux objets de mobiliers ont été vendus à des prix très bas, rendant ainsi son « désespoir » accessible à tous.

 Banksy surfe sur la vague du marché de l’art en ligne malgré lui ?

En vendant ses œuvres sur une plateforme en ligne Banksy participe, peut-être inconsciemment, au développement du marché de l’art en ligne. De nouvelles plateformes permettent de concurrencer les géants du marché de l’art comme Sotheby, Christie’s ou encore Artsy. Cependant, les œuvres du street artiste ne peuvent influencer le marché au prix et à la quantité ou elles ont été commercialisées. L’artiste britannique affirme donc sa présence sur le marché de l’art en ligne, sans l’impacter pour autant.

Il profite ainsi des tremplins que le web offre au marché de l’art. Instagram par exemple, est le réseau social le plus utilisé dans le monde de l’art aujourd’hui. 65% des personnes interrogées dans l’étude Hiscox sur l’état du marché de l’art en ligne, révèlent qu’il constitue un réseau « privilégié par tout ce qui a trait à l’art ». Un réseau qui semble profiter à Banksy : avec ses 6,7 millions d’abonnés, il fait de son compte Instagram une véritable plateforme de diffusion et de commercialisation pour ses œuvres. C’est d’ailleurs depuis son compte qu’il a annoncé la mise en vente des objets de mobilier de sa boutique éphémère. Un compte qui constitue donc une plateforme privilégiée pour communiquer avec son public, si ce n’est la seule. Le street artiste surfe donc sur la vague du marché de l’art, à contre-courant.

Et vous, pour ou contre l’achat des œuvres d’art ?

On vous laisse partager votre avis en commentaire !

Farah Ziane

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