Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (du 29 novembre au 5 décembre 2021)

Par Marine Béguin et Hussein Malamelli.

“Relance, puissance et appartenance” : la France bientôt à la tête de l’Union européenne

Temps fort pour la France, cette dernière s’apprête à prendre la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne le 1er janvier 2022, après la Slovénie. Pour la treizième fois, Paris représentera les États membres jusqu’au 30 juin 2022. Alors que son programme demeure inconnu, le Président français devrait annoncer ce mois-ci les priorités du premier semestre 2022. 

Flags of France and the European Union on the building against the blue sky on a bright Sunny day

Mais pourquoi retarder l’annonce de son programme ? Il ne faut pas oublier que 2022 sera rythmé par l’élection présidentielle en France. Le contexte électoral contraint le président à ne pas annoncer trop tôt ses priorités vis-à-vis de ses opposants. Ce que l’on sait déjà, c’est que ses mots d’ordres sont “relance, puissance et appartenance”. En effet, la crise sanitaire a mis à mal la conjoncture économique. E. Macron entend bien rendre efficace le Plan de relance économique décidé par l’Union Européenne : il est question d’axer ce dernier sur la relance par l’investissement, un programme qui divise au sein de l’UE. Dans le domaine de la défense que l’on retrouve dans le terme puissance, il est question de progression. Alors que la “mort cérébrale de l’OTAN” annoncée par E. Macron avait secoué certains États membres, la présidence française entend mettre en avant le dispositif de sécurité transatlantique. La Conférence sur l’Avenir de l’Europe marquera le dernier volet du slogan en donnant la possibilité au peuple européen de s’exprimer.

Cependant, un rapport d’experts remis ce mardi au gouvernement insiste sur la nécessité de la France de faire preuve “d’humilité” afin d’éviter toute critique ou ressentiment face à une présidence qui se centrerait seulement sur la  « promotion des seuls intérêts français en Europe ». 

L’Union européenne annonce un plan à 300 milliards d’euros pour concurrencer la Chine à l’international

Ce mercredi 1er décembre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé un plan de 300 milliards d’euros à l’échelle mondiale, pour les six prochaines années. Ce plan visant à accroître la politique extérieure de l’Union européenne serait financé à moitié par le budget commun de l’Union européenne, et à hauteur de 140 milliards d’euros par ses institutions financières, notamment grâce à la mise à disposition d’argent sous forme de prêts, et une garantie de plusieurs institutions nationales comme l’Agence Française de développement.

Le plan annoncé par la Commission européenne vise à financer des médicaments, des routes, des infrastructures ainsi que l’éducation dans les pays en retard, notamment en Afrique, dans les Balkans, en Amérique du Sud et en Asie. Si ce projet est proche du plan chinois des « Nouvelles routes de la Soie », Madame von der Leyen a souligné qu’il respecterait le développement durable, la démocratie et les droits sociaux, tout en transparence et avec une surveillance accrue de l’endettement.  

En effet, la Chine a investi 124 milliards d’euros ces huit dernières années dans ces régions du monde, notamment les ports internationaux, les grandes routes et les ponts. En Europe, certains craignent que ces investissements soient réalisés dans le but de rendre les pays concernés « dépendants » des grandes entreprises chinoises. Depuis 2016, le port du Pirée est aux mains de la société chinoise Cosco, qui souhaite en faire une porte d’entrée pour ses exportations vers l’Europe. 

Les adieux en musique d’Angela Merkel 

Angela Merkel, citée à 14 reprises par le magazine Forbes comme la femme la plus puissante du monde, a fait ses adieux en musique ce jeudi 2 décembre. En effet, la chancelière allemande au pouvoir depuis le 22 novembre 2005, soit 16 ans et 12 jours, ne s’est pas représentée aux élections fédérales de septembre dernier. 

Lors de cette cérémonie militaire pour ses adieux, autrement connue sous le nom Großer Zapfenstreich, la figure de la puissance allemande a surpris le monde par ses choix musicaux. Mme Merkel a fait le choix de jouer un tube de la chanteuse punk Nina Hagen, intitulé Du hast den Farbfilm vergessen (“Tu as oublié la pellicule couleur”), un choix musical en laissant plus d’un surpris. Alors que ses prédécesseurs avaient opté pour des choix musicaux plus “classiques” tels que My Way de Frank Sinatra ou encore L’Ode à la Joie de Beethoven, le choix de la Chancelière n’est pas anodin. Âgée de seulement 20 ans à la sortie de cette chanson, Angela Merkel vivait à l’époque de l’autre côté du rideau de fer, une jeunesse à qui cette dernière fait très rarement référence, mais à qui elle a tenu à faire un clin d’œil lors de son adieu. 

Choix du cœur ou choix politique, la chancelière a déclaré que “Notre démocratie vit de sa capacité à débattre de manière critique et à se corriger”. Sans surprise, son choix a fait polémique : entre critique plus ou moins cachée du régime communiste de la RDA ou attaque envers la gente masculine, Angela Merkel marque le coup pour sa dernière cérémonie. 

Covid-19 : Arrivée du variant Omicron et flambée des cas en Europe

Une nouvelle vague épidémique de COVID-19 touche l’Europe cet automne. Avec 75 000 infections en 24 heures le 25 novembre, l’Allemagne atteint des records et remet en place un certain nombre de mesures contraignantes. S’il faut présenter un test négatif de moins de 24 heures pour entrer dans un hôpital, d’autres mesures supplémentaires sont généralement applicables selon la proportion de malades dans le pays. En Autriche, le confinement national a déjà été annoncé le 22 novembre, et ce jusqu’au 12 décembre uniquement pour les vaccinés. Le Maroc et Israël ont déjà décidé de fermer leurs frontières, tandis que la Belgique a rendu obligatoire le télétravail quatre jours par semaine et ce jusqu’au 13 décembre 2021.

Cette reprise épidémique est d’autant plus difficile à contrôler que nous ne connaissons pas encore les dégâts que peut causer le variant Omicron. Le variant est signalé le 24 novembre par l’Afrique du Sud, mais circulait déjà le 19 novembre aux Pays-Bas. Le 30 novembre, le cas d’infection du virus est déjà recensé dans 20 pays. Selon Stéphane Bancel, directeur général de Moderna, le vaccin serait beaucoup moins efficace sur le variant Omicron. Suffisamment de doses pourraient être produites pour l’Union européenne, mais uniquement d’ici l’été 2022.Covid, Omicron, Une Variante, Couronne, Coronavirus

Une autre difficulté réside dans le fait que les variants sont difficilement identifiables dans les pays du Sud, car l’identification nécessite la technologie de séquençage de génome. Le secrétaire général Antonio Guterres se dit préoccupé par des taux de vaccination « immoralement bas » en Afrique australe, mettant encore plus en danger les citoyens concernés que les citoyens européens. 

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