Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (10/01 au 16/01)

Par Laura Comte, Marine Béguin et Hussein Malamelli.

 

A Tunis, de nombreuses manifestations contre le président Kaïs Saïed

Malgré une importante hausse du Covid-19 en Tunisie et une interdiction formelle de la part des autorités tunisiennes de se rassembler, des manifestations ont tout de même eu lieu, à Tunis, ce vendredi 14 janvier. Des centaines de personnes se sont rassemblées pour protester contre l’actuel président Kaïs Saïed, depuis 2019. Près de 300 manifestants étaient présents et scandés pour la plupart :  “A bas le coup d’Etat !”. 

Ces manifestations sont la conséquence de nombreuses tensions entre Ennahda, parti politique tunisien islamiste conservateur, et M. Saïed en raison du coup de force de juillet par le président tunisien, qui se sont d’ailleurs intensifiées après l’arrestation et l’hospitalisation sous surveillance policière de l’ancien ministre de la justice Noureddine Bhiri, un des hommes du parti d’inspiration islamiste Ennahda. Un autre homme politique tunisien de gauche cette fois était également présent durant ces manifestations, pour s’opposer au présumé « coup d’état » du président tunisien, M. Saïed.

D’autre part, ces mobilisations surviennent également en raison du très fort mécontentement des tunisiens qui considèrent que les mesures prises pour lutter contre la crise sanitaire par le gouvernement tunisien ne sont que le moyen de contrer les mouvements de protestation dans le pays.

Un réel climat de tensions est donc installé en Tunisie, où les tunisiens refusent  « l’instrumentalisation politique de la situation sanitaire pour anéantir ce qui reste des droits et libertés fondamentales » selon le parti Ennahda.

 

Hongrie : l’inflation comme outil politique du premier ministre hongrois

Alors que le Boom de l’inflation en Europe inquiète grandement les États Européens, la perspective transitoire espérée par la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, semble lointaine. La BCE prévoit en effet “une hausse des prix de 3,2% en 2022, contre 1,7%”. 

À seulement trois mois des élections législatives d’avril 2022 en Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán a décidé cette semaine de mettre en place un plafonnement du prix de certaines denrées alimentaires de base telles que le lait, le sucre, l’huile et la farine. Lutte contre une inflation grandissante ou mesure populiste à des fins électoralistes, que penser de cette nouvelle décision du Premier ministre hongrois ? 

Pourquoi une telle mesure ? Nous le savons, la stabilité économique de l’Europe des 27 s’est vue ébranlée par une flambée inflationniste annonçant un début 2022 des plus chaotiques. Dans le cas de la Hongrie, membre de l’Union Européenne depuis 2004, le taux d’inflation aurait atteint un niveau de 7,4% sur un an en novembre dernier, un niveau sans précédent depuis ces quinze dernières années. Alors que le gouvernement hongrois avait déjà mis en place un plafonnement des prix du carburant, il est maintenant question des denrées alimentaires de base. 

Pourquoi cette mesure fait-elle réagir la presse critique du gouvernement ? Viktor Orbán vise en effet un quatrième mandat consécutif pour les élections législatives prévues en avril 2022. Sa réélection pourrait cependant être menacée par une opposition qui présente un candidat unique.

“Le gouvernement intervient sur les tendances du marché au détriment des producteurs, des transformateurs et des commerçants avec pour objectif de remporter les élections” annonce l’hebdomadaire libéral hongrois HVG.

L’opposition se soulève face à ces mesures prises à quelques mois des élections, prenant parfois en référence le communisme de guerre et les révolutions bolchéviques.

 

Après Taïwan, l’Union européenne soutient Vilnius face à Pékin

En mai 2021, la Lituanie quitte le groupe dit des « 17+1 », permettant à la Chine de négocier directement avec ses partenaires en Europe de l’Est. En réponse à cela, Pékin impose des sanctions économiques de plus en plus fortes à Vilnius en limitant l’importation de ses marchandises sur son territoire. La Lituanie déclare donc qu’elle  n’engagera pas de représentant diplomatique aux prochains Jeux olympiques de Pékin, et se rapproche de Taïwan pour compenser les pertes économiques liées à cette situation.

Les tensions entre Vilnius et Pékin se sont accrues depuis novembre, avec l’ouverture d’une représentation taïwanaise à Vilnius, dont le terme « Taïwan » figurant dans le titre, très peu utilisé, est considéré comme provoquant par la Chine : il s’agit du premier bureau de ce genre en Europe.

Pour montrer son mécontentement, la Chine a accru les sanctions en bloquant notamment les importations de rhum et de lait lituanien. Plus encore, Pékin fait pression sur les partenaires économiques de Vilnius y compris au sein de l’Union européenne, pour bloquer au maximum ses exportations dont son économie dépend à 70%.

En réponse à cela, Taïwan a annoncé cette semaine vouloir inaugurer un fonds d’investissement de 200 millions de dollars, ainsi qu’un fonds de crédit de 1 milliard de dollars pour le développement économique de la Lituanie, notamment concernant les microprocesseurs dont Taïwan est le leader mondial. Taipei déclare également vouloir ouvrir une représentation lituanienne sur son territoire. Au Conseil de l’Union européenne, Josep Borrell a annoncé ce vendredi son soutien auprès de Vilnius, et le Président français Emmanuel Macron s’est dit « inquiet » par rapport à cette situation. Mais cela pourrait être une occasion pour l’Union européenne de se positionner contre les ingérences extérieures sur son marché unique.

 

Des tensions loin d’être retombées en Ukraine…

Après de longues discussions entre les Etats-Unis et la Russie qui n’ont malheureusement pas abouti à des décisions concrètes, de fortes tensions sont toujours présentes en Ukraine, ce vendredi 14 janvier. 

En effet, les Etats-Unis ont révélé que Moscou a fait en sorte que ces agents soient présents en Ukraine pour effectuer une opération permettant de provoquer une invasion de la part de Moscou. Leur but est de trouver un prétexte pour envahir l’Ukraine, d’après la porte parole de la Maison Blanche, Jen Psaki,

« La Russie jette les bases pour avoir la possibilité de créer de toutes pièces un prétexte pour une invasion, y compris à travers des actes de sabotage et des opérations d’information, en accusant l’Ukraine de préparer une attaque imminente contre les forces russes dans l’est de l’Ukraine ».

Mais les services de renseignement militaires d’Ukraine ont également annoncé se préparer contre toutes sortes d’attaques russes.

Après les nombreuses mises en garde de la part des Etats-Unis au sujet de la Russie, cette dernière a simplement répliqué que les Etats-Unis n’avaient aucune preuve de cette stratégie russe. D’ailleurs, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a affirmé que « Jusqu’ici, toutes ces déclarations ont été gratuites et n’étaient appuyées par aucune preuve »

D’autre part, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, tente de reprendre le fil des négociations et les mener à bien. Il a d’ailleurs soumis l’idée d’une rencontre dans le but d’apaiser la crise entre l’Ukraine et la Russie, d’après l’un de ses proches conseillers.

 

 

 

 

 

 

 

 

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