Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (du 11 au 16 avril)

Actualités de la semaine du 11/04 au 16/04

Par Coline Playoust et Hussein Malamelli

Point sur l’Ukraine : l’actualité jour par jour

Russian war in Ukraine concept. Burned out city. creative art decoration. Night fighting scene. selective focus

Lundi 11 avril: bilan terrible à Marioupol 

  • Le maire de Marioupol, Vadym Boychenko a affirmé que plus de 10 000 civils sont morts depuis le début du siège. Le bilan pourrait aller jusqu’à 20 000 victimes.
  • Les séparatistes pro russes disent avoir “conquis” Marioupol.
  • Le Donbass, à l’est de l’Ukraine serait la cible d’une offensive majeure selon Kiev.

Mardi 12 avril : le sort des civils ukrainiens 

  • Le bilan s’alourdit encore à Marioupol et irait “jusqu’à 22 000 victimes” a déclaré le gouverneur ukrainien de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko.
  • Plus de 870 000 Ukrainiens sont rentrés au pays depuis le début de la guerre. En outre, 4,6 millions de réfugiés ont quitté le pays ; soit plus de 10% de la population.
  • Volodimir Zelensky accuse la Russie de centaines de viols sur les civils ukrainiens. Plusieurs femmes de l’armée ukrainienne ont été captivées par les Russes, violées et se sont fait raser le crâne.
  • En France, près de 24 milliards d’euros d’actifs russes ont été gelés. Ces actifs comprennent des biens immobiliers, des œuvres d’arts, des cargos, des yachts.

Mercredi 13 avril : promesse américaine d’une aide militaire

  • Les États-Unis ont promis une nouvelle aide militaire ; Joe Biden a assuré qu’une aide de 800 millions de dollars a été débloquée mercredi. 
  • Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’est montré pessimiste sur la possibilité d’un cessez-le-feu en Ukraine.
  • Le croiseur russe Moskva a été lourdement bombardé par l’Ukraine

Jeudi 14 avril : le croiseur russe Moskva a coulé

  • Le navire russe Moskva a coulé. Cette perte aura de lourdes conséquences sur leurs capacités de combat. En effet, le navire était un élément clé de leurs efforts pour établir une domination navale en mer Noire” a déclaré le porte-parole américain, John Kirby.
  • La diplomatie française a annoncé que son ambassade allait retourner à Kiev. L’ambassade avait été transférée à Lviv.
  • Un nouvel échange de prisonniers russes et ukrainiens a eu lieu. Il s’agit du quatrième.

Vendredi 15 avril : intensification des frappes russe en riposte au naufrage du Moskva 

  • En représailles à l’attaque du Moskva, les forces russes intensifient leurs frappes sur Kiev.
  • Nouvelles victimes à Kharkiv, d’au moins dix morts et 35 blessés.
  • Moscou expulse 18 représentants de l’UE qui a jugé que cette expulsion ne ferait qu’aggraver l’isolement international de la Russie.

Samedi 16 avril : nouvelle montée des tensions suite au naufrage 

  • 40 000 Ukrainiens ont fui le pays en 24 heures. Selon les chiffres du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, plus de 4,8 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l’invasion russe le 24 février. C’est le flux de réfugiés le plus important en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
  • La Russie a bombardé une usine d’armes près de Kiev.
  • Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a réclamé plus d’armes pour combattre la Russie. La demande se fait particulièrement aux Occidentaux.
  • Moscou annonce des frappes en réplique “ à toutes les attaques de type terroriste et aux sabotages effectués en territoire russe par le régime nationaliste de Kiev” a déclaré le ministère russe de la Défense.

“Ni Macron, ni Le Pen” : protestations à travers le pays contre les résultats du premier tour

Rear view of people with placards and posters on global strike for climate change.Depuis les résultats du premier tour, la colère n’a fait que monter, tout particulièrement chez les électeurs de gauche. De nombreuses protestations ont eu lieu en en France.

 Depuis lundi, l’École Normale Supérieure est bloquée par les étudiants au campus Jourdan à Paris. Ces derniers contestent ce deuxième tour Macron – Le Pen. L’Université Paris 8 a aussi été bloquée pour les mêmes raisons.

Mercredi, une assemblée générale antifasciste s’est tenue à Panthéon-Sorbonne. L’occupation de la Sorbonne y a été votée. Plusieurs centaines d’étudiants y ont passé la nuit. La Sorbonne-mère a été taguée et dégradée au cours de l’occupation, suscitant de nombreuses réactions d’indignation sur Twitter et plusieurs plateaux de télévision.

Jeudi matin, environ 50 étudiants se sont réunis à Sciences Po Paris, pour faire blocus. Les étudiants ont été dispersés par la Cocarde, l’UNI et l’Action Française, des groupes de jeunes d’extrême droite, appelant explicitement à voter pour Marine Le Pen. À Sciences Po Lyon, le blocus a aussi été dispersé par la Cocarde. 

Dans l’après-midi, plusieurs centaines d’étudiants se sont réunis devant l’entrée de la Sorbonne-mère, à Paris. Ils refusent de choisir entre, disent-ils, “deux projets libéraux et réactionnaires”. Le rassemblement a été très largement encadré par de nombreux policiers, empêchant aux étudiants de rentrer et rejoindre ceux occupant Paris-1. De nombreuses fois le slogan “Siamo Tutti Antifascisti”-nous sommes tous antifascistes- a été scandé.

Samedi, plusieurs manifestations se sont déroulées à travers le pays. Près de 23 000 personnes ont manifesté contre l’extrême droite dont plus de 9000 à Paris selon la police. Les organisateurs ont revendiqué 150 000 manifestants dont 40 000 à Paris. Plusieurs associations, syndicats et partis étaient présents comme le NPA, la CGT, SOS racisme, ou le Syndicat de la magistrature.

À Paris, la manifestation était considérée comme « à risque » par les autorités, qui ont déployé un important dispositif, car le cortège était « susceptible de rassembler des protestataires divers, gilets jaunes, ultragauche ». La police a brièvement tiré des gaz lacrymogènes. Les manifestants ont repris le défilé quelques minutes plus tard.

Plusieurs sites de la Sorbonne vont rester fermés jusqu’aux résultats du second tour le 24 avril, par mesure de précaution.

Retour sur l’actualité fiscale en Europe

File:European Council (38185339475).jpgLe 8 octobre 2021, 136 pays ont conclu un accord avec l’aide de l’OCDE sur la fiscalité, fixant leurs impositions sur les grandes sociétés à un taux minimum de 15%. L’ensemble des États membres de l’Union européenne y ont participé dans le but de lutter contre la concurrence déloyale et l’évasion fiscale. Le texte permettrait également d’imposer à ces sociétés de payer leurs impôts où elles réalisent leurs bénéfices, et non dans un pays tiers.

Pour harmoniser cette proposition à échelle européenne, le Conseil présidé par la France a négocié pendant plusieurs mois l’application de cet accord, convainquant les derniers hésitants comme l’Estonie, Malte, la Suède et la Hongrie. Ainsi, la Commission a présenté une proposition de directive pour planifier le processus, ayant été négociée au Conseil des ministres ce mardi 5 avril.

Après la défense publique de ce projet par quinze ministres lors de cet Ecofin, la Pologne a bloqué la proposition de directive en présentant des conditions liées à la fiscalité « irréalisables » selon Bruno Le Maire. En réalité, la Pologne bloque ce processus devant être voté à l’unanimité suite aux condamnations et aux sanctions que la Commission européenne lui a imposées ces derniers mois. La Commission a notamment décidé de bloquer des fonds dans le cadre du plan de relance destinés à la Pologne en fin 2021, pour non-respect répété de l’État de droit depuis les réformes du tribunal constitutionnel de 2015. 

À une semaine du second tour, retour sur les programmes européens des finalistes aux présidentielles

L’ensemble de l’actualité portant davantage sur les relations extérieures de l’Union européenne, cet article est l’occasion de revenir sur les programmes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sur d’autres enjeux européens tout aussi importants : la cohésion, la pêche et l’agriculture.

File:Macron & Le Pen.jpg Concernant la politique de cohésion, Marine Le Pen propose dans son programme la suppression de la directive « détachement des travailleurs » afin d’éviter la concurrence déloyale. Sur le plan social, Emmanuel Macron souhaitait plutôt faire avancer les négociations sur le salaire minimum européen dans le cadre de la Présidence française. Macron propose dans son discours d’ouverture de campagne la création du droit d’initiative législative pour le Parlement européen ainsi que le développement du programme Erasmus +, déjà financé à presque quatre milliards d’euros par an en Europe. De son côté, Marine Le Pen est plus distante avec certaines propositions européennes en refusant de libéraliser les chemins de fer, et propose la diminution de la contribution de la France au budget européen. 

Sur l’agriculture, Emmanuel Macron soutient toujours le développement des protéines végétales en France et au sein de l’UE, ainsi que la stratégie « Farm to fork » pour une agriculture plus durable. Ces priorités sont revues à la baisse pour le moment avec comme objectif l’autonomie de l’Union européenne face aux importations russes.  Marine Le Pen propose de son côté de mettre un terme aux marges « abusives » de la grande distribution, et promeut la valorisation de normes françaises et non seulement européennes. Les subventions elles aussi seraient allouées au niveau national et non via la Politique agricole commune. Enfin sur la pêche, Emmanuel Macron défend fortement l’aquaculture devant être menée au niveau européen, tandis que Marine Le Pen axe son programme sur les négociations avec le Royaume-Uni. 

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