Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (du 02/05 au 08/05)

Articles par Coline Playoust et Laura De Almeida 

 

EU Open Day : l’Union européenne a ouvert ses portes au public

Ce samedi 7 mai a eu lieu “l’UE Open Day”, à deux jours de la Journée de l’Europe. Toute la journée, les citoyens européens et même des visiteurs hors-Europe se sont retrouvés au cœur de Bruxelles afin de visiter les différentes institutions de l’Union européenne. Ils ont pu visiter la Commission européenne, celle-ci proposait un parcours suivant trois thèmes : la jeunesse (2022 étant l’année européenne de la jeunesse), l’écologie et le numérique. Les salles étaient aussi accessibles comme celles de Robert Schuman ou de Jean Monnet. 

Au Parlement européen, les visiteurs ont pu prendre place à l’intérieur de l’hémicycle et participer à différentes activités comme des quiz. Plusieurs partis européens avaient également installé des stands afin de mieux faire connaître les groupes auxquels appartiennent les députés. Il y avait notamment le Parti Socialiste Européen ou encore le parti Renew Europe. 

Cette journée a de nombreux enjeux pour l’Union européenne. Tout d’abord il faut rendre cela attractif pour que les citoyens se déplacent jusqu’à Bruxelles. De plus, l’objectif est de faire passer des informations, montrer la productivité et l’engagement de l’UE sur des sujets variés qui sont particulièrement importants à notre époque. En effet, dans chaque institution l’accent a été mis sur l’écologie.

Finalement, ces journées portes ouvertes ont aussi été tournées vers l’Ukraine, quelques jours après l’annoncement des nouvelles sanctions contre la Russie. Par exemple, devant la Commission européenne, des artistes ukrainiens se sont succédés pour chanter ou jouer d’un instrument. Des pins, avec le drapeau de l’UE lié à celui de l’Ukraine, ont été distribués et un stand spécial se trouvait au même endroit pour donner plus d’informations sur les moyens d’aider les populations ukrainiennes. 

 

Élections législatives : un accord historique pour la gauche

Le 12 et le 19 juin prochain se tiendront les élections législatives. Il s’agit d’un scrutin majoritaire à deux tours ; le vote se fait dans chacune des 577 circonscriptions. Ces élections élisent les 577 députés qui siégeront à l’Assemblée afin de voter les lois du pays.

Le 24 avril, M. Emmanuel Macron a été réélu avec plus de 58% des suffrages, et l’absence d’un parti de gauche au second tour pour la deuxième fois consécutive a motivé les partis de la gauche à s’unifier. Ils espèrent obtenir une majorité à l’Assemblée. Le 4 mai, un accord de principe a été signé avec le PS (Parti socialiste). Cet accord vient s’ajouter à ceux signés avec EELV (Europe Écologie les Verts), le PCF (Parti communiste français), et LFI (La France insoumise). Cette Union porte le nom de Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). 

Ces quatre partis ont su trouver un accord malgré leurs divergences sur la question de l’Union européenne, l’âge de départ à la retraite, le nucléaire, ou l’OTAN. La NUPES présentera des candidats communs dans plus de 500 circonscriptions. Le but est de porter Jean-Luc Mélenchon à Matignon, en tant que premier ministre. 

L’économiste Thomas Piketty a souligné que « cet accord conclu marque un retour à la justice sociale et fiscale » ainsi que le mérite de ces partis d’avoir dépassé leurs conflits internes pour s’unifier. 

Le parti du Président Emmanuel Macron s’est allié avec Horizons le parti d’Édouard Philippe, et le MoDem le parti de François Bayrou pour former le parti Renaissance.  Le candidat d’extrême-droite Éric Zemmour a proposé une alliance au Rassemblement national, qui a directement été rejetée. 

 

Recul du droit à l’avortement en Europe et dans le monde

Ce mardi 3 mai, le média américain Politico a révélé que la Cour Suprême travaillait sur le projet de retirer le droit à l’avortement de la Constitution. Cette révélation a fait l’effet d’une bombe aux États-Unis et dans le monde et a entraîné de nombreuses manifestations pour ce droit menacé.

L’avortement a été autorisé aux États-Unis en 1973, suite à l’arrêt de la Cour Suprême Roe vs. Wade. Depuis, le droit à l’avortement est inscrit dans la Constitution et les 50 États des États-Unis peuvent à leur échelle mettre des lois supplémentaires sur l’avortement, mais n’ont pas le droit de l’interdire. Depuis plusieurs années, certains États du Sud complexifient progressivement l’accès à l’avortement, en réduisant le nombre de semaines où l’avortement est encore possible, ou en remboursant mal l’avortement. Si cet arrêt passe à la Cour Suprême, cela signifie que le droit à l’avortement sera retiré de la Constitution. Par conséquent, les États seront libres de mettre des lois interdisant l’avortement. 

En Europe, le droit à l’avortement recule aussi, en particulier dans les pays gouvernés par l’extrême droite. En Pologne par exemple, l’avortement est pratiquement impossible, il est uniquement autorisé en cas de viol, d’inceste ou de mise en danger de la vie de la femme.

À Malte, l’avortement est interdit et peut envoyer en prison les femmes ou les médecins le pratiquant. En Italie, de nombreux médecins (plus de deux tiers) refusent de pratiquer l’avortement pour des raisons éthiques et religieuses. Au Portugal les femmes doivent payer tous les frais de l’avortement et « se soumettre à un examen psychologique avant d’avorter ». 

Le droit à l’avortement, bien que durement acquis peut à tout moment reculer. Bien que les associations et les militants se mobilisent, ce droit recule et les femmes en viennent alors à pratiquer un avortement clandestin, bien plus dangereux pour leur santé.

 

Nouvelles sanctions européennes contre la Russie

Mercredi 4 mai, l’UE a annoncé un sixième paquet de mesures pour fragiliser l’économie de la Russie, dont un embargo progressif sur le pétrole russe.

La présidente de la Commission Ursula Von der Leyen a annoncé « Nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d’ici à la fin de l’année ». 

L’Union européenne est fortement dépendante du gaz russe. Pour certains pays comme la Hongrie et la Slovaquie, il est complètement impossible pour l’instant de renoncer complètement au gaz russe, ils ne disposent actuellement pas d’alternative à court terme. La Commission européenne a proposé une exemption pour ces deux pays qui pourraient continuer à acheter du pétrole à la Russie jusqu’à fin 2023. La décision européenne de renoncer au gaz russe sera fortement coûteuse, mais l’impact sur Moscou serait déterminant.

D’autres propositions ont été avancées : exclure trois banques russes supplémentaires, et « bloquer l’accès aux ondes européennes à trois grands radiodiffuseurs d’État russes, qui se verraient interdits de distribuer leurs contenus dans l’UE par câble, satellite, internet ou applications sur smartphone. » Les propositions de la Commission européenne devront être validées par tous les États membres avant d’entrer en vigueur.

 

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