Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (15.10.17-22.10.17)

Assassinat d’une journaliste à Malte, les nouvelles étapes de la crise catalane, la victoire du SPD en Basse-Saxe, les éventualités d’une coalition avec l’extrême droite en Autriche et des négociations au point mort avec la Turquie, Eurosorbonne revient avec vous sur l’actualité de la semaine.

ALLEMAGNE : le CDU déstabilisé par la victoire du SPD

Les élections régionales en Basse-Saxe qui avaient lieu dimanche dernier se sont soldées par la victoire du SPD, avec 37,3% contre 34,9% pour la CDU. Le journal Die Welt définissait alors ce succès comme « net et surprenant ». En effet, le SPD était annoncé perdant les jours précédant le vote. Pour certains, la défaite du CDU est le signal du déclin du parti. Pour la FAZ, le journal quotidien de Francfort, elle s’explique par un manque de confiance des électeurs dans la capacité du parti à évoluer. Les discussions de coalition n’ont pas tardé à être entamées par Angela Merkel. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la victoire du parti social-démocrate allemand ne remet pas en cause les élections au Bundestag mais plutôt les capacités de Martin Schultz dont la prise de fonction à la présidence du SPD s’est soldé par une série de défaite. Ainsi, le candidat SPD de la Basse-Saxe, Stephan Weil, a réussi là où Martin Schultz a échoué et entame la résurrection de son parti.

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MALTE : la liberté de la presse assassinée

Lundi, la journaliste et blogueuse maltaise Daphne Cuarana Galizia postait sur son blog un article dénonçant une affaire de corruption dans laquelle serait impliqué un politicien de l’île. Trente minutes plus tard, la journaliste est tuée dans l’explosion de sa voiture de location. La nature criminelle de sa mort n’a fait de doute pour personne. La victime, proche de l’opposition, était très controversée et recevait  de nombreuses plaintes et menaces de mort. Son assassinat a plongé dans un état de choc toute l’Union européenne, que le pays avait rejoint depuis 2004. La Commission européenne s’est dite « horrifiée » ce mardi. Le dirigeant de l’opposition maltaise, Adrian Delia, considère l’événement comme la « conséquence directe de l’effondrement total de l’État de droit dans le pays ». Enfin, c’est dans le cercle des journalistes européens que l’assassinat a révolté.

CATALOGNE : France et Allemagne derrière Madrid

Jusque jeudi dernier, les États européens observaient de loin la crise catalane sans prendre parti. Mais la chancelière allemande et le président français ont décidé de sortir de cette neutralité en exprimant leur soutien au gouvernement espagnol. Emmanuel Macron annonçait alors que les dirigeants européens appelleraient à l’unité autour de l’Espagne. Son homologue belge, Charles Michel, et luxembourgeois, Xavier Bettel, ont rejoint Angela Merkel et M. Macron sur la nécessité d’instaurer un dialogue entre Madrid et les indépendantistes catalans. Cela n’empêche les chefs de gouvernements de critiquer les mesures prises par Mariano Rajoy, Charles Michel affirmant que « les violences ne sont pas une réponse ». Alors que jeudi marquait la date de l’ultimatum pour Carles Puigdemont imposé par le Premier ministre espagnol, les chefs d’États européens sortent du silence bien que l’Union européenne se refuse à tenir le rôle de médiateur. Samedi, un conseil des ministres a permis de définir les mesures de suspension de l’autonomie catalane, en vue de sa validation à la fin du mois. Ces mesures devront être validées par le Sénat dans la semaine. De leur côté, les indépendantistes ont repris les manifestations.

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TURQUIE : les négociations piétinent

Angela Merkel plaidait jeudi pour la réduction des financements liés aux négociations d’adhésion de la Turquie. Lors de sa campagne électorale déjà, elle proposait à ses homologues un arrêt des négociations. Néanmoins, la Turquie reste un partenaire stratégique aux yeux des autres dirigeants européens qui appelaient à ne pas prendre de décision définitive. Cela n’empêche qu’ils se sont accordés cette semaine pour exprimer leur désaccord face aux purges engagées dans le pays depuis le coup d’État de 2016. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, disait d’ailleurs que « la Turquie est très éloignée d’une adhésion et cela restera ainsi ». La chancelière allemande demandait à ce propos l’unité du Conseil européen sur la question turque, considérant la direction de l’État de droit de la Turquie comme inquiétante. Ainsi, par la réduction des financements alloués au pays, plusieurs États expriment leur désaccord avec Ankara.

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AUTRICHE : un couple conservateurs-extrême droite ?

La fin de la semaine dernière a vu la victoire du conservateur Sebastian Kurz aux élections législatives en Autriche. Celui qui est appelé à devenir le prochain chancelier annonçait avoir eu samedi une discussion « des plus positives » avec le président du FPÖ, le parti d’extrême droite autrichien. Une alliance entre les deux partis ne serait pas surprenante ; le candidat vainqueur du parti-démocrate ÖVP avait pris les mêmes directions sur certains thèmes, et notamment l’immigration. Malgré le rapprochement évident avec l’extrême droite, il a également annoncé vouloir mener des discussions avec tous les partis. Enfin, s’il s’oppose à l’hégémonie du couple franco-allemand, Sebastian Kurz tenait jeudi à réaffirmer son engagement en faveur de l’Union européenne.

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