Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (03.05 – 10.05.20)

Alors que l’Union européenne est en proie au Covid-19, est après une lente mise en place de solidarité, un premier accord économique a été passé entre les dix-neuf pays de la zone euro. Il intervient au moment même où les Vingt-Sept engagent des mesures de déconfinement prudentes. Des mesures solidaires pour gérer la crise sanitaire en Afrique ont démarré cette semaine. Et enfin, la Pologne voit son scrutin présidentiel reporté, une mesure visant à protéger la démocratie. Retrouvez ici les actualités européennes de la semaine, rédigées par Agathe Lacour-Veyranne.

 

Union européenne : un pont aérien vers la Centrafrique pour lutter contre le coronavirus

Même si les cas officiels de contamination sont encore très faibles –  94 patients testés positifs au 7 mai -, le nombre de malades augmente rapidement, dans un pays où les infrastructures sanitaires sont précaires. L’arrêt des échanges aériens entraîne, par conséquence, l’arrêt des aides humanitaires. Ainsi, vendredi 8 mai, la Centrafrique a reçu 40 tonnes d’équipements sanitaires (gants, masques chirurgicaux, gel hydroalcoolique, etc.), « mais aussi de réanimation, avec des bacs à oxygène. ». Par ailleurs, 70 travailleurs humanitaires ont été envoyés en Centrafrique, afin de pallier au manque d’effectif.

Ce matériel sanitaire est à destination des agents de santé centrafricains mais aussi des « agences onusiennes et [d]es ONG internationales, afin qu’elles puissent continuer leur travail de terrain. ».

Ces livraisons comprendront également du matériel technique de forage, dans le cadre d’un contrat signé entre l’Union européenne (UE) et Oxfam, afin de mettre en place une « vingtaine de points d’eau, indispensables à la gestion sanitaire de l’épidémie. ».

D’autres ponts aériens sont prévus à destination du Niger, du Cameroun et du Burkina Faso.

 

Zone euro : première riposte économique face à la crise de Covid-19

Encore loin d’un consensus sur le plan de relance censé accompagner les Vingt-Sept face à la crise de coronavirus, un premier accord a été passé vendredi 8 mai.

Les dix-neufs pays qui constituent la zone euro pourront ainsi solliciter le Mécanisme européen de stabilité (MES) à hauteur de 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) « dès lors qu’ils sont en mesure de prouver qu’ils ont dépensé cet argent pour des dépenses de santé liées au coronavirus. ».

240 milliards d’euros sont mis à disposition de la zone euro par le MES, prêtés « si nécessaire à un taux très bas − aux conditions actuelles, ce serait 0,1 % − et pour dix ans au maximum ».

Aucun pays européen n’a encore revendiqué vouloir recourir au MES pour l’heure.

Cette aide s’ajoute à celle de la Banque européenne d’investissement, qui s’est engagée à prêter 200 milliards d’euros à des entreprises, ainsi que la Commission européenne, qui a annoncé pouvoir prêter 100 milliards d’euros aux « Etats membres qui auraient besoin d’aide pour financer leur régime de chômage partiel ».

Cette annonce intervient alors que le Covid-19 a fait plus de 275 000 morts dans le monde, dont 155 074 décès en Europe, continent le plus touché. Les Etats-Unis comptent 77 744 décès. Suivent le Royaume-Uni (31 587), l’Italie (30 395), l’Espagne (26 478) et la France (26 310).

La France, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la République tchèque, la Grèce et l’Ukraine démarrent un déconfinement prudent et progressif à partir du 11 mai.

 

Pologne : des élections présidentielles reportées

Malgré les pressions exercées par le parti ultraconservateur PiS (Droit et Justice), et son leader Jaroslaw Kaczynski, pour maintenir la tenue de ces élections présidentielles le 10 mai, le scrutin a été reporté. En pleine crise de Covid-19, les juristes jugeaient unanimement que le maintien de ces élections serait « non conformes aux standards démocratiques internationaux ».

Cette décision a été entérinée par un accord politique, conclu entre M. Kaczynski et Jaroslaw Gowin, chef du microparti Porozumienie (« accord »).

Le PiS entendait ainsi pouvoir être maintenu au pouvoir, avant que les conséquences économiques et sociales de la crise du coronavirus « n’affectent trop lourdement la popularité de son camp ».

La date du report du scrutin n’a pas été encore annoncée, mais il est possible qu’il soit organisé par correspondance, au cours du mois de juin ou de juillet.

Cependant, cet accord n’est pas jugé satisfaisant, car il « ne repose sur aucune base légale ». « Le seul moyen légal de les reporter aurait été de mettre en place l’état de catastrophe naturelle, ce que le pouvoir a refusé de faire pour des raisons politiques », et surtout, il aurait reporté les élections à l’automne, minimisant les chances de réélection du PiS. De plus, un report d’élection devrait légalement « remettre à zéro le processus de dépôt des candidatures », tandis que l’accord prévoit « le maintien des candidats actuels ».

Les modalités, le calendrier ainsi que la validité de ces élections seront décidés dans les prochains jours.

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