Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (du 23/05 au 29/05)

Par Laura De Almeida

 

Guerre en Ukraine : le point après 90 jours de guerre

Cette semaine, l’offensive russe s’est concentrée sur la région du Dnipro. Le responsable de la défense territoriale de la ville a fait état sur la chaîne locale Dnipro TV d’« une dizaine » de morts et « entre 30 et 35 blessés ». « Des missiles Iskander ont frappé un champ de manœuvre de la Garde Nationale », a-t-il encore confirmé. De leur côté, les séparatistes prorusses de la région du Donbass revendiquent avoir pris le contrôle de la localité de Lyman, sur la route qui mène aux grandes villes de Sloviansk et Kramatorsk.

À ce jour, 6 659 220 Ukrainiens ont fui le pays depuis le 24 février, la moitié d’entre eux se sont réfugiés en Pologne. Le Haut Commissariat pour les réfugiés indique que « la Pologne s’attend à continuer à recevoir et à accueillir un nombre considérable de réfugiés, étant donné le grand nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays, les destructions massives et la poursuite des hostilités en Ukraine ».

Le président ukrainien accuse la Russie de “génocide” dans le Donbass suite aux actes perpétrés par les militaires russes, tels que les déportations et les “tueries de masse de civils”. Ce vendredi 27 mai, dans une vidéo publiée sur Telegram, Volodymir Zelensky a réagi aux attaques dans la région du Dnipro : Nous protégeons notre terre et faisons tout pour renforcer la défense de cette région. Il a également répondu à l’annonce des séparatistes russes, qui affirment avoir pris la ville de Lyman : “Si les occupants pensent que Lyman et Severodonetsk seront les leurs, ils se trompent. Le Donbass sera ukrainien”.

 

SOS Méditerranée : 300 migrants à la recherche d’un port

Depuis le 19 mai, un navire de l’ONG SOS Méditerranée “Ocean Viking”, a mis en place et effectué quatre missions de sauvetage. Cette association européenne de sauvetage a un siège qui se trouve à Marseille. Ce vendredi 27 mai, le bâteau a secouru au total près de 300 migrants au large des côtes maltaises et libyennes. Plusieurs d’entre eux ont notamment besoin d’une assistance médicale. 

L’ONG a alors lancé un appel à l’aide aux autorités maritimes pour trouver un port afin d’évacuer les blessés. Parmi les 296 personnes secourues, 49 d’entre elles sont mineures, dont un bébé et six femmes enceintes. 

Une porte-parole de l’association indique que : « L’Ocean Viking en est à huit demandes d’assignation d’un lieu sûr de débarquement pour les rescapés, qui ont été formulées aux autorités maritimes compétentes (libyennes, maltaises et italiennes), depuis les deux premiers sauvetages effectués le 19 mai ». Malgré cela, à l’heure actuelle, l’association n’a eu aucune réponse positive.

Les bénévoles ont tourné une vidéo dans le navire, où une responsable médicale explique l’état physique des migrants qui ont subi de nombreuses violences lors de leur séjour en Libye et pendant la traversée. 

L’Organisation internationale pour les migrations précise que la Méditerranée est la voie migratoire la plus dangereuse et mortelle au monde : 1 553 personnes y sont décédées en 2021. De son côté, l’association SOS Méditerranée a sauvé plus de 35 000 personnes depuis 2016. 

 

Manifestation contre la France : la gauche radicale sud-africaine, proche de la Russie, se révolte

Ce mercredi 25 mai avait lieu la Journée de l’Afrique. À cette occasion, des centaines de militants appartenant à la gauche radicale sud-africaine ont organisé une manifestation. Le cortège a été mené par Julius Malema, le dirigeant des Combattants pour la liberté économique. La marche s’est terminée devant l’ambassade de France à Pretoria.

Les manifestants ont souhaité, par cet acte, condamner l’ingérence de la France sur le continent africain. Ils portaient des pancartes rouges, couleur du parti, où l’on peut lire des slogans anti-français : “La France est responsable de génocide en Afrique” “L’Afrique de l’Ouest n’est pas une colonie française” “Richesse de la France sur le dos des Africains” ou bien encore “la France dehors”

La marche qui devait lutter contre l’impérialisme de l’Occident en général s’est rapidement transformée en lutte contre la France, comme les propos de Julius Malema le démontrent : “Le colonialisme français sur le continent africain continue d’être la forme de colonialisme la plus brutale, la plus cruelle et la plus diabolique du continent africain”. 

Malgré une démonstration très hostile, l’ambassadeur français sur place, Aurélien Lechevallier, s’est adressé à la foule en gardant un ton calme et cordial, en promettant de faire passer les messages des manifestants à Paris, notamment le mémorandum de Julius Malema. 

Des manifestations anti-françaises avaient déjà eu lieu sur le continent africain ces derniers mois, comme au Mali, en Centrafrique ou encore au Tchad. À chaque fois, ces actions d’hostilité sont organisées par des personnalités proches de Moscou. Ici, Julius Malema a ouvertement apporté son soutien à la Russie sur la guerre avec l’Ukraine. 

 

Pacte de stabilité : la suspension des critères de Maastricht

Ce lundi 23 mai, la Commission européenne a suspendu pour la troisième fois les critères de Maastricht. Ainsi, jusqu’à la fin de l’année 2023, il n’y aura pas de limite pour la dette et les déficits. La première suppression a eu lieu en mars 2020. Depuis, les dirigeants européens souhaitent créer de nouvelles règles pour ne pas entraver les besoins d’investissement de l’Union européenne qui sont de plus en plus forts. 

Face à cette crise, les États membres ont été bien plus réactifs qu’en 2009 avec la France en tête, représentant la politique du “quoi qu’il en coûte”. C’est grâce à cela que le plan de relance commun a été mis en place avec l’endettement collectif, mesure qui a été appuyée pour une fois par l’Allemagne. 

Toutefois, cette nouvelle suspension symbolise plus un sursis qu’une solution pour les pays européens. Malgré l’aide de la Banque centrale pour maintenir la croissance, la montée en flèche de l’inflation limite son pouvoir. Le 16 mai, la Commission a revu à la baisse ses prévisions. La hausse du PIB devrait atteindre les 2,7 % en 2022 au sein de l’Union européenne quand, en février, elle anticipait une croissance de 4 %, avant la guerre ukraino-russe. Cependant, les « trois quarts de cette croissance s’expliquent par l’acquis de croissance accumulé en 2021 », précise Paolo Gentiloni, le commissaire à l’économie. 

Du côté des dirigeants européens, le chancelier allemand Olaf Scholz reste opposé à un second plan de relance européen tandis qu’Emmanuel Macron et Mario Draghi iraient plutôt dans ce sens. Une autre divergence se trouve dans l’écart du niveau d’endettement des pays. En effet, face à l’augmentation des taux d’intérêts, Bruxelles met la pression pour que les pays les plus touchés mettent en place des réformes structurelles. Par exemple, en France, le sujet de la réforme des retraites se trouve placé au premier plan. 

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