L’édito

Entretien d’artiste avec Vanecha Roudbaraki

Un article par Helena SARKIS 

Il arrive qu’il faille se tromper pour comprendre, appréhender et percevoir du mieux que nous le pouvons toutes les dimensions qui composent un être humain. Sur un plateau d’argent Vanecha Roudbaraki m’a offert une partie de son histoire. Celle qu’elle a souhaité me faire partager.

Je me suis trompée sur Vanecha, lorsqu’en préparant notre entretien, j’ai cru être témoin d’une certaine morosité, une lassitude dans la dureté de la vie, peut-être liée à la douleur du passé. Comme quoi, nos grands-parents ont peut-être raison: internet ne suffit en rien. En l’occurrence, internet ne suffit pas – et ne suffira jamais – à comprendre le parcours d’autrui. 

C’est le sachet de thé baignant dans l’eau bouillante, mon carnet posé sur la table de bois d’un café de l’Ouest parisien, que l’artiste franco-iranienne m’a ouvert les yeux sur son univers. Un monde, qui contrairement à ce que j’avais pu sentir en lisant sa biographie, est rempli de reconnaissance, de beauté et de lumière. Son récit berçant mon vendredi après midi je compris les liens, les relations, tous types d’implications, qu’ont les détails de sa vie dans son art. Que son nom vous soit familier ou non, je décide de faire l’éloge, dans ce court article qui lui sera dédié, à la première artiste acceptant de dialoguer avec moi, étudiante banale, d’une fac banale, menant une vie banale. Éloge fondé sur son talent artistique bien sûr, mais aussi sur sa force. Car plus le temps passe, plus mon cœur se noue à l’idée que chaque jour, sans même nous en rendre compte, nous croisons le chemin de rescapés de la guerre; des héros et héroïnes, dont l’histoire peine à se faire entendre. 

Jamais le temps ne justifiera l’oubli. Que ce soit par la parole, la musique ou la peinture, l’Histoire est perpétuée dans le temps. De ce désir de faire vivre les souvenirs naît cet article. J’aurais aimé m’aventurer dans les discussions obscures entretenues entre les artistes, cependant mon talent interprétatif ne me permettra en rien de rendre compte de la portée symbolique des œuvres de Vanecha Roudbaraki. Du haut de mes quelques très longues et fructueuses (trois) années d’études, je prends la décision d’apporter un autre point de vue à l’histoire de l’artiste. Aujourd’hui, je vous emmène sur le long chemin de la réflexion sur la communication, sur l’impact de l’histoire personnelle dans l’art, sur le sentiment de solitude lié à l’immigration, sur l’appartenance à une nation et la découverte du soi intérieur. 

Commençons par le commencement: la naissance de l’artiste. “J’étais fortement attirée par la littérature et la philosophie” me rapporte Vanecha. Rien de surprenant jusque-là. Est venue la surprise lorsque j’entendis ces paroles “les mathématiques étaient quelque part de la philosophie pour moi”. De là me sont remontés un ensemble de souvenirs traumatiques de professeurs de philosophie affirmant que leur matière est presque scientifique. Avaient-ils raison? “Et finalement, je suis devenue artiste”. Comment en sommes-nous arrivés là? D’où s’est tissé le lien entre mathématiques et peinture? A ces interrogations j’ai eu ma réponse. Peu à peu, au fil des mots, j’ai pu me faire une raison. C’est la rencontre avec Omar Khayam “un poète existentialiste et grand mathématicien, sensible et profond” qui a permis à notre artiste de percevoir “un truc magique” dans les mathématiques. D’une certaine façon, les sciences sont devenues un échappatoire: “pour moi, la notion de limite et d’infini était très philosophique. J’ai alors décidé de peindre de la façon dont les mathématiques voient le monde. Personne ne peut voir les limites exactes des choses, il y a une liaison entre la peinture et les mathématiques, même si beaucoup de gens ne le perçoivent pas. Il existe “n” dimensions selon les maths, cependant nous n’en avons pas conscience. En fait, une grande partie de l’existence ne se voit pas, elle se ressent. Si on découvre l’infini, on a toujours une solution à tout. Grâce à mes études, j’ai fondé ma propre vision de l’art, très optimiste et rempli d’espoir.”. De la diplômée de mathématiques commence alors à transparaître l’artiste. Pourtant, la voie de l’art n’allait pas de soi en premier lieu, “je ne savais même pas ce qu’était un artiste peintre au début de mes études, tout ce que je désirais c’était obtenir ma maîtrise en mathématiques. Au lycée, pendant les cours, je dessinais beaucoup, je m’amusais pour combler l’ennui. C’est l’art qui m’a apprivoisée à mon arrivée en France. J’ai fait de l’art ma carrière, mais ce n’est pas pour autant que j’ai perdu mon temps, j’ai trouvé ma voie grâce à mon parcours”. 

De ce discours, je réalise que l’artiste ne naît pas nécessairement d’une vocation. Sans son parcours, Vanecha Roudbaraki ne serait peut-être pas devenue l’artiste qu’elle est aujourd’hui. Sans les mathématiques, elle n’aurait pas rencontré l’Impératrice iranienne, n’aurait pas peint son chien (entre autres) et n’aurait pas joui du savoir des grands maîtres chinois. J’aurai passé quatre longues années à haïr les maths avant d’enfin me rendre compte qu’elles ne se résument pas aux terribles équations que nous devions résoudre durant notre scolarité. Elles sont en fait une seconde façon de voir le monde. Une porte ouverte sur un univers parallèle. A noter tout de même, qu’elles restent un club sélectif car, il faut l’admettre, seul un petit paquet de chanceux auront assez de détermination pour continuer les mathématiques après le lycée (détermination que je considère personnellement comme une volonté incompréhensible de faire perpétuer la souffrance dans le temps). 

C’est une fois arrivée en France que la donne changea pour Vanecha. “Des galeries m’ont proposé des expositions, j’ai commencé à vendre. Pendant six ans, j’ai uniquement dessiné des femmes nues enceintes. C’est à cette période que les critiques d’art se sont intéressés à ce que je faisais. Ma féminité prend une place dans mon art, dans les nus et la représentation de ces femmes. Je ne saurais pas dire pourquoi. Peut-être est-ce car elles portent une souffrance que je possède aussi en moi? Je suis très contente d’être femme. J’aurais été incapable de devenir artiste si je n’étais pas venue en France. Cette immigration a été très enrichissante. Graĉe à elle, aujourd’hui, je me considère comme une artiste libre d’origine iranienne avec une nationalité française. Je me présente toujours comme artiste franco-iranienne à l’étranger, je ne suis pas qu’une artiste iranienne”. Dans ces prochains paragraphes, je vais tenter, aussi bien que je le peux, de vous conter cette histoire. Pas seulement celle d’une artiste, mais aussi celle d’une immigrée, d’une mère et d’une activiste.

Car la beauté de l’art est en partie dessinée par l’histoire de l’auteur. Dans les champs de coquelicots de Vanecha Roudbaraki, je vous emmène vous promener, afin de découvrir son univers. En vous tenant par la main, je vous guiderai dans les réalités iraniennes de la guerre, la révolution, les tremblements de terre et l’immigration qui ont fait de ces fleurs rouges si délicates l’image d’une épopée personnelle. L’Iran est un pays bien lointain, autant géographiquement que politiquement. Son histoire a éteint la dimension pluriculturelle du pays, et par le même biais a réduit au silence une génération marquée au fer rouge par les horreurs de la guerre. Le discours de la diaspora iranienne devient alors la trace indélébile d’une mémoire rendue commune. “J’ai connu une révolution, un tremblement de terre et une guerre qui m’ont marquée à vie. Mon arrivée en France était troublante, car pendant huit ans, j’ai connu la guerre. Depuis l’âge de onze ans, j’ai pris l’habitude de voir des choses très dures. Pendant la guerre civile, ma meilleure amie et moi étions militantes. Elle s’est faite arrêter quand nous avions quinze ans et a été exécutée trois ans plus tard, à l’âge de dix-huit ans. Puis, j’étais à la frontière irakienne durant la guerre. En plein milieu des cours, nous entendions les bombardements. La paix française et l’insouciance m’ont choquées. Je suis très contente d’être en vie, si j’étais restée en Iran, ça n’aurait probablement pas été le cas”. 

Dans ce même champ de coquelicots, là où la peur règne, une lueur d’espoir se peint à l’horizon. Les couleurs orangées de l’aurore sourient aux combattants, comme annonçant, d’un ton rassurant, la fin des temps durs. De la lumière les fleurs se dressent et portent avec elles, le fardeau des souvenirs. Plus fortes que jamais, elles deviennent l’emblème des martyres de la guerre, de la souffrance des iraniens, de la dureté de la vie. “Je suis très optimiste. Je cherche constamment la lumière autour et en moi, parce que je pense qu’il suffit seulement d’un peu de lumière, pour éclairer son entourage. Les épisodes trop douloureux, je les peins de la même façon, avec lumière. Plutôt que de représenter le corps des martyres, j’ai dessiné des coquelicots”. Là se trouvent les victimes des guerres. Dans les paysages lumineux, ils grandissent et vivent pour l’éternité en les toiles de Vanecha Roudbaraki. “La chose la plus importante quand je crée une toile est la lumière. Je travaille avec très peu de lumière parce que je veux la créer sur la toile, comme pour lui donner vie. À travers la lumière, je lui donne une âme”. 

Sur le ton de la rigolade, l’artiste me raconte le choc culturel à son arrivée en France, “les femmes portaient des mini-jupes et les hommes avaient les cheveux longs. Alors j’avais du mal à distinguer les garçons des filles. En y repensant, la différence était évidente. Je quittais l’Iran pour la première fois à mon arrivée en France, et j’ai découvert ce monde en paix où tout était si différent. Il n’y avait pas de bruits de sirènes, pas d’ambulances, pas de gardiens de régime… J’étais choquée par tous ces changements”. De ces changements, est née l’artiste que nous connaissons à présent. De ce tout premier voyage en dehors de l’Iran, s’est révélée une aventurière avide de découvrir de nouvelles cultures. “Je ne parlais pas un mot de français en arrivant en France. J’avais un an pour apprendre. C’est là que je me suis rendue compte que je ne pouvais pas aveuglément continuer les sciences. Il y avait tout un monde à découvrir autour de moi. Je voyais les galeries et déjà à l’époque je dessinais et peignais moi-même, en arrivant en France, l’art m’a apprivoisée. Pourtant mon départ  d’Iran a été très dur. J’avais mon fils de quatre ans avec moi. Nous devions suivre le père aux Etats-Unis, même si lui et moi étions en instance de divorce. Puis j’ai eu un problème de visa qui m’a empêché d’obtenir mes papiers. C’est seulement plus tard que je me suis rendue compte qu’il avait manipulé les choses pour m’obliger à retourner en Iran car il ne voulait pas divorcer. J’ai dû vivre cachée de lui pendant quatre ans. Je n’ai jamais connu la paix. Pour autant mon immigration m’a beaucoup apporté, mon pays reste une partie de moi. Je suis Iranienne même si je suis partie, c’est marqué dans mon esprit. Mon départ m’a permis de continuer à vivre, à apprendre, à évoluer et à grandir”. 

“J’ai pu voir mon pays différemment. Tout comme une peinture, il faut s’éloigner pour mieux voir. Je ne souffre pas, ou du moins plus, de cette immigration. Les pensées vont au-delà des frontières. Le monde va vers une communication, alors je me maintiens en contact avec les Iraniens au quotidien. Aujourd’hui je garde cette mémoire douloureuse de l’Iran, mais pour la première fois, j’ai espoir. C’est le début de la fin, je le vois. Les jeunes militants se battent, manifestent coûte que coûte. Ils sont conscients qu’ils ne vont peut-être pas rentrer chez eux s’ils manifestent, qu’ils peuvent, à tout moment, se faire tirer dessus. Mais ils luttent parce que ce qu’ils expérimentent en Iran n’est pas une vie. La génération des jeunes symbolise un renouveau, elle est éveillée grâce aux communications. Ils réclament une vie comme il en existe ailleurs. Ils sont déterminés. Ils vont jusqu’à la mort, ils donnent leur vie pour traverser ce cauchemar”. 

La guerre civile iranienne, aussi appelée révolution islamique de 1979, s’est déclarée face au mécontentement de la population vis-à-vis de la politique du Shah et de l’impérialisme américain. La chute du Shah incarne la fin d’une époque, perçue comme lointaine par la diaspora et la jeune génération contestataire. Le régime théocratique islamiste est instauré et peu à peu, contraint la population à des pratiques jusqu’alors relevant des croyances personnelles. Car bien sûr, dans un pays si grand que l’Iran, à la frontière avec l’Irak, l’Azerbaïdjan, la Turquie, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan, les populations, les croyances, les pensées sont aussi variées que riches et historiquement ancrées dans les mentalités. Si une majeure partie de la population est Musulmane chiite, les Iraniens sont aussi Chrétiens, Juifs ou Zoroastriens. De cette diversité, je me suis interrogée sur la place des Kurdes dans l’Iran actuel. D’origine iranienne, le kurdistan s’étend sur l’ensemble de la région du Proche-Orient, entre la Turquie, l’Irak, la Syrie, l’Iran et en minorité au Liban. “Ils vont revenir. On leur laissera toujours la porte ouverte. Les Kurdes c’est nous. Toutes les villes en Iran ont manifesté pour les soutenir face aux exactions de l’Etat. Le peuple iranien est fondé sur l’unité”. Selon les dires de Vanecha Roudbaraki, les contestations du régime tendent vers une réunification du pays. Non seulement, pour l’abolition du gouvernement islamiste, mais aussi pour la pratique des religions dans la paix, pour la libération des femmes et des hommes, ainsi qu’un retour à l’Iran lointain, qui semble avoir fuit à la chute du Shah. C’est lors de sa détention que la Kurde Mahsa Amini a trouvé la mort. Officiellement, son décès serait dû à des soucis de santé. Officieusement, la torture infligée par les gardes et policiers a eu raison de sa vie. Jamais la jeune femme de vingt-deux ans ne saura l’impact de sa souffrance sur la société iranienne. Le peuple s’est soulevé, ne faisant qu’un pour réclamer justice. “La cause est femme, vie, liberté, mais les hommes soutiennent les femmes, ils les protègent. Selon moi, la paix c’est d’être en bonne communication avec son être. Les Iraniens ne peuvent pas être en paix avec eux-mêmes car le gouvernement islamiste intégriste dictateur ne les laisse pas. Après quarante-trois ans d’Islam politique, beaucoup d’Iraniens se trouvent dégoutés de leur religion, ils sont forcés de faire ce qui ne vient pas d’eux. La paix en Iran est liée à la fin du régime islamiste. Il faudrait un régime laïc”. D’une certaine façon, ces propos sont contestables. Mais nous ne chercherons pas ici à discerner le vrai du faux, le fantasme de la réalité. Nous nous laisserons guider par la beauté de l’espoir, d’un jour peut-être, entendre la population iranienne proclamer haut et fort sa liberté. Le changement, Vanecha Roudbaraki le voit de plus près que nous, grâce à ses contacts personnels et politiques. “En novembre, les députés du Parlement européen ont fait passer une loi selon laquelle aucun député européen n’a le droit d’entretenir des relations officielles avec les responsables iraniens. C’est énorme. Je tiens une exposition pour la cause femme, vie, liberté au Parlement en janvier. Je pourrais y exposer mes nus et mes dessins de femmes enceintes. Mon discours sera sur l’Iran. C’est un endroit symbolique pour parler de cette cause. L’art est un engagement personnel, mais il a un effet très important sur son environnement et la politique. On ne peut pas distinguer l’art de la vie sociale. J’ai espoir de pouvoir exposer en Iran un jour.” 

Cette façon de penser, de discerner les rayons de lumière, même cachés dans l’obscurité, se retrouve dans l’art. La beauté des coups de pinceaux, la danse des couleurs, les noirs des fusains sculptant le corps des femmes et le contour des arbres, tous contemplent la beauté du monde environnant. Les femmes enceintes, si chères à Vanecha, d’une certaine façon, dessinent le renouveau. Une seconde naissance suivant l’immigration et la peur. Dans son art, on retrouve l’idée du Djan, aussi appelée Qi en Chine. “En Français, je n’ai pas trouvé de meilleure traduction que l’âme. La présence du Qi dans mes œuvres s’est concrétisée lors de mes premiers voyages en Chine. Le Qi est l’élément qui contient la vie, il est indispensable à l’art. Si l’artiste arrive à transmettre l’élément du Qi, alors, la peinture contient la vie. Ma peinture est très liée à l’âme. Lors d’un séminaire en Chine, on m’a demandé de rejoindre des grands maîtres de la calligraphie qui produisaient en face d’un public. J’étais surprise car je n’avais jamais produit devant des spectateurs auparavant, mais je l’ai fait. C’est quand j’ai ajouté une touche de blanc à ma peinture qu’un moine tibétin, aussi grand maître de Qi-Qong, s’est approché et m’à dit ‘c’est là que tu viens de mettre l’âme dans la toile’. Je me suis rendue compte qu’il n’avait pas tord. A ce moment-là, j’ai senti, moi aussi, l’énergie du Qi s’installer dans la toile. Le Qi vient de l’autre soi. C’est un élément en nous, quelque part, qui est éloigné. Il est en moi mais pas forcément mon ami pour autant. Plus nous sommes en unité avec nous même, mieux cet élément est communiqué avec notre entourage. C’était fou quand je suis allée en Chine pour la première fois. Je suis arrivée sans rien connaître, à Shanghai en 2008, et pourtant, je ne me sentais pas étrangère. C’était comme si j’étais en Iran. Les Chinois voulaient parler, communiquer et capter quelque chose dans l’art. Ils étaient curieux. Je leur trouvais un côté très philosophique et profond. J’ai énormément appris à travers eux. J’aime beaucoup les philosophies Taoïstes et Bouddhistes. Il y a une sagesse dans ces pensées. Lao Tseu, Confucius et Sun Zu, sont une réelle inspiration pour moi. Je suis constamment en contact avec la Chine, les populations et les autorités. J’ai vécu tellement de choses en Chine”. 

Pour son art, mais peut-être aussi grâce à la profondeur de sa philosophie, Vanecha Roudbaraki a obtenu le prix pour la paix de la biennale de Taormina en 2014, puis le prix de Donna in art à Messine en 2015, “je ne sais pas pourquoi on me les a donné”. C’est sur cette note d’humilité que je finirai de vous conter l’histoire de Vanecha Roudbaraki. Entre l’Iran, la France et la Chine, l’artiste s’est créée, comme l’enfant de son histoire. Elle porte avec elle aujourd’hui, les marques indélébiles de son passé. D’enfant bercée par la peur de la guerre, se construisant dans l’oppression, elle est devenue la figure d’une diaspora iranienne forte, prête à soutenir son pays, quoi qu’il en coûte. De l’actualité iranienne, elle construit un rêve. Celui d’un monde où la paix intérieure ne sera pas un fantasme mais une réalité si forte, qu’elle fera de l’Iran une nation à nouveau unie. 

Dans un monde idéal, il n’y aurait pas de lutte pour la paix. Il n’y aurait pas de lutte pour la justice. Il n’y aurait pas de lutte pour courir dans les champs, vers la lumière chaleureuse du soleil, en quête d’une page blanche où, ensemble, les Iraniens pourraient écrire leur histoire. La jeunesse sortirait dans les rues, manifester sa joie de vivre, sa reconnaissance face à la liberté d’être. Dans notre monde, elle se tient main dans la main, face à l’obscurité de la nuit, au sommet d’une montagne, admirant le spectacle des rayons orangés de l’aube, faisant briller la rosée du matin. Les fleurs, abattues par la nuit, se dressent, les gouttes d’eau scintillent sur les pétales rouges des coquelicots, comme un appel à dévaler la montagne pour admirer, à ses pieds, un jour nouveau, quitte à semer derrière elle de nouvelles graines de pavots. 

 

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