Que s’est-il passé cette semaine en Europe ? (8.03-14.03)

Journée internationale des droits de la femme : un renforcement des inégalités de genre en Europe

La Journée internationale de la femme célébrée ce lundi 8 mars a été l’occasion de rappeler la persistance d’inégalités entre les hommes et les femmes, renforcées par l’épidémie du Covid-19. Selon une étude menée par l’Organisation Internationale du Travail, l’épidémie du Covid-19 aurait contribué à la précarisation des femmes dont 41% travaillerait dans les secteurs les plus touchés par la pandémie. Cette précarisation serait notamment dû au fait que les femmes auraient tendance à avoir des emplois moins stables que les hommes et assumerait en grande majorité la responsabilité des tâches ménagères. Les mesures de télétravail auraient rendu d’autant plus complexe pour ces dernières le fait de concilier vie privée et vie professionnelle. Ainsi, l’épidémie menacerait de « mettre à mal des décennies de progrès économiques qui n’étaient déjà pas satisfaisants auparavant » relève Euronews. Cette journée a été commémorée de différentes façons en Europe. En France, 37 organisations syndicales, féministes et politiques ont lancé le mouvement appelant à cesser le travail à 15h40, soit, « l’heure théorique où (les femmes) cessent d’être rémunérées compte tenu de l’écart de salaires avec hommes (environ 25%) » comme l’indique le média La Croix.  En Espagne, aucune mobilisation n’a pu se tenir suite à l’interdiction des rassemblements instaurée par le gouvernement en raison du contexte sanitaire.

L’Allemagne victime d’une campagne de désinformation orchestrée par la Russie 

La cellule de lutte contre la désinformation du Service Européen pour l’Action Extérieure a déclaré avoir rapporté plus de 700 cas de désinformation dont serait victime l’Allemagne depuis 2015 comme l’indique le média en ligne Euroactiv. Ce chiffre se porterait à 300 dans le cas de la France, 170 en Italie et 40 en Espagne d’après la base de données EUvsDisinfo créée par la cellule du SEAE. Cette dernière a été mise en place par la cellule du SEAE après l’annexion de la Crimée par l’Ukraine en 2014 afin de lutter contre toute forme de campagne jugée délibérément diffamatoire. Les tensions entre l’Allemagne et la Russie se seraient aggravées ces dernières années, en particulier depuis que l’Allemagne a accueilli le dissident politique Alexeï Navalny qui aurait été empoisonné suite aux ordres de Moscou. D’après le site EUvsDisinfo, l’Allemagne serait notamment accusé par le ministre des Affaires étrangères russe de mener une stratégie « d’endiguement total » de la Russie, notamment en ayant fait adopter des sanctions contre le Kremlin au cours de sa présidence européenne de juillet à décembre 2020. Le discours du Kremlin consistant à présenter l’Allemagne comme un pays touché par une « russophobie irrationnelle » viserait en réalité à détourner l’attention du peuple russe sur les violations des droits de l’homme et du droit international par le gouvernement de Russie.

Coup d’envoi pour la conférence citoyenne sur l’Avenir de l’Europe

Les présidents du Parlement, du Conseil et de la Commission ont donné le coup d’envoi, ce mercredi 10 mars, de « la Conférence sur l’avenir de l’Europe », grande consultation à l’échelle européenne visant à donner la voix aux citoyens sur le projet européen pour les dix prochaines années. A l’occasion d’une cérémonie organisée pour présenter l’initiative, la présidente de la Commission européenne, Madame Von der Leyen, a appelé les Européens à prendre la parole afin d’exprimer leur opinion sur l’Europe dans laquelle ils souhaitent vivre. Cette conférence débutera officiellement à partir du 9 mars prochain et devrait se clôturer fin 2022. Initialement proposée par le président français Emmanuel Macron, cet exercice démocratique permettra d’aborder les grandes priorités européennes pour le futur de l’Europe telles que les politiques sanitaires, le changement climatique, les questions économiques et sociales ainsi que les transformations numériques. Un sondage de l’Eurobaromètre réalisé auprès de 27 034 Européens indique que les citoyens européens semblent majoritairement favorables à ce projet avec un score de 76% de personnes interrogées déclarant que ce genre de consultation représentait un « progrès significatif pour la démocratie au sein de l’UE.

Une nouvelle loi européenne sur le devoir de vigilance en matière de droits de l’homme

Suite aux demandes de plusieurs députés européens, dont Raphaël Glucksmann, la Commission européenne va prochainement présenter un projet de loi relatif au devoir de vigilance des sociétés dans l’UE. L’objectif de cette nouvelle législation sur les droits de l’homme est notamment de contraindre les entreprises européennes à être davantage vigilantes sur la question et veiller à son exécution tout au long de leur chaîne de valeur comme l’indique un article d’Euroactiv Vers l’élaboration d’une loi sur le devoir de vigilance en matière de droits de l’homme – EURACTIV.fr. Le rapport d’initiative approuvé par le Parlement inclut entre autres le devoir pour les entreprises européennes d’analyser les menaces au respect des droits de l’homme posées par leurs fournisseurs et « publier une stratégie sur le devoir de vigilance pour l’ensemble de leur chaîne de valeur », ajoute le média en ligne. Cette loi semble répondre à une volonté des citoyens européens de consommer de manière plus éthique et responsable. Du côté des entreprises, cette proposition de loi s’avère être aussi plutôt bien accueillie comme en témoigne une étude publiée par la Commission indiquant que 70% des sociétés européennes seraient favorables à l’établissement d’une législation européenne sur le sujet. Pourtant, ce projet de loi ne fait pas l’unanimité notamment de la part de certaines entreprises qui craignent des coûts additionnels et un désavantage concurrentiel face aux entreprises étrangères qui ne seraient pas soumises aux mêmes conditions de production. Vers l’élaboration d’une loi sur le devoir de vigilance en matière de droits de l’homme – EURACTIV.fr

Constance MAILLARD

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