Que s’est-il passé en Europe cette semaine ? (15.03-21.03)

Rédigées par Clara Duban.

Controverses autour du vaccin AstraZeneca

Jeudi 11 mars, le Danemark annonçait sa décision de suspendre la vaccination contre le Covid-19 avec le vaccin AstraZeneca. De nombreux pays européens l’ont suivi au cours de la semaine suivante comme l’Islande, la Norvège, la Bulgarie, l’Italie ou encore la France ce lundi. En cause : 25 patients sur 20 millions ont eu des effets secondaires inquiétants suite à la prise du vaccin, dont la formation de caillots sanguins (thrombose).

Ce jeudi 18 mars, l’Agence européenne du médicament (EMA) a finalement rendu son verdict et encouragé les pays européens à continuer la campagne de vaccination avec AstraZeneca. L’EMA assure qu’il prévient à 94 % des hospitalisations dues au Covid-19 au cours des 28 à 34 jours après la première injection. L’agence a également affirmé que le risque de thrombo-embolies n’augmentait pas suite à la prise du vaccin, et que les cas étaient même plus rares chez les vaccinés que sur la population totale.

Vendredi, l’Allemagne et l’Italie ont annoncé la reprise des vaccinations avec le vaccin sans limite d’âge et l’Espagne la reprendra mercredi. La Haute Autorité de santé en France recommande quant à elle de réserver ce vaccin aux « 55 ans et plus » car les incidences problématiques sont toujours survenues sur des patients de moins de 55 ans.

Ces doutes ont ralenti la campagne de vaccination européenne, qui avait déjà été freinée par des retards de livraison à répétition de la part du groupe AstraZeneca. Au premier trimestre de 2021 le groupe n’a en effet distribué qu’un tiers des doses commandées par l’UE.

Ces retards froissent. Mardi 16 mars, les premiers ministres de l’Autriche, de la Bulgarie de la Croatie, de la Lettonie, de la République Tchèque et de la Slovénie se sont réunis à Vienne pour demander une meilleure répartition des vaccins contre le Covid-19 en Europe. Ils dénoncent « l’injustice » dans la distribution des doses qui ne respecte pas le principe de répartition proportionnelle à la population. La Bulgarie est le pays le plus en retard dans sa campagne de vaccination. La raison : le pays avait largement commandé des vaccins AstraZeneca, qui peinent aujourd’hui à arriver.

Un « certificat vert numérique » pour les européens cet été ?


La Commission européenne a proposé ce 17 mars la création d’un « certificat vert numérique ». Le document, individuel et nominatif, contiendrait les informations quant à l’immunité au Covid-19 de son détenteur, immunité qui pourrait être liée à sa vaccination, à un test PCR négatif récent ou à une contraction récente de la maladie. Un portail centralisé pourrait également être créé pour faciliter l’échange des données sur la maladie entre les pays européens. La Commission n’a pas souhaité qualifier ce document de passeport car il ne serait pas un document indispensable pour se déplacer, mais permettrait à chaque pays d’accepter ou non les voyageurs selon sa propre politique.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a assuré que ce certificat pourrait être effectif « d’ici l’été ». Il pourra être étendu à des pays extérieurs à l’UE.

Ce passeport interroge néanmoins sur les discriminations qui pourraient en résulter et sur la protection des données des citoyens. Cependant, il pourrait être une bonne alternative puisque les retards dans la campagne de vaccination réduisent les espoirs d’une immunité collective d’ici l’été.

Législation de l’euthanasie : les chemins contraires empruntés par l’Espagne et le Portugal

Ce jeudi, l’Espagne est devenu le quatrième pays européen et le sixième pays du monde a légaliser l’euthanasie. C’est à 202 voix sur 350 que le Parlement a voté en faveur de cette loi dont le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez avait fait une priorité. Cette nouvelle législation doit entrer en vigueur en juin et autorise les patients atteints d’une maladie incurable de mourir pour mettre fin à leurs souffrances.

Les conditions d’accès au suicide médicalement assisté seront strictes : le patient devra être espagnol ou résider en Espagne, être « capable et conscient » de faire sa demande par écrit, sans pression extérieure, et la renouveler quinze jours plus tard. La décision doit être validée par deux médecins et par une commission d’évaluation.

Cette loi est d’autant plus remarquable que le Portugal a opéré un demi-tour quant à sa propre législation sur la question. Lundi, la Cour constitutionnelle a annulé la loi en faveur de la mort médicalement assistée dans le cas des maladies incurables qui avait été approuvée par le Parlement en janvier. C’est le président de la République Marcelo de Sousa, catholique et membre du Parti social-démocrate (centre-droit), qui a saisi la Cour Constitutionnelle au nom de « l’inviolabilité de la vie humaine » inscrite dans la Constitution portugaise. Le texte sera donc renvoyé au Parlement qui devra reformuler les conditions d’accès à l’euthanasie afin de le soumettre une nouvelle fois au vote.

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