Que s’est-il passé cette semaine en Europe ? (22.11-29.11)

Cette semaine Clara Duban vous décrypte l’actualité européenne.

Ecosse : premier pays à rendre les protections hygiéniques gratuites

Ce mardi 24 novembre, les députés écossais ont voté l’accès gratuit aux tampons et serviettes hygiéniques, une première mondiale. C’était en 2016 que la députée Monica Lennon avait lancé la campagne en faveur de cette loi. En 2018, l’Ecosse mettait en place l’accès en libre service des protections hygiéniques dans les établissements scolaires. En février, le texte de la loi voté mardi avait été validé en première lecture. Le budget estimé pour cette loi s’élève à 9,7 millions de livres (soit 11 millions d’euros) par an. Le parlement n’a pas encore détaillé comment cette mesure sera mise en place mais a toutefois déclaré que l’accès devrait être facile et pourra se faire de façon « digne ». C’est un immense pas dans la lutte contre la précarité menstruelle (situation de difficulté d’accès aux protections hygiéniques pour des personnes réglées à cause du coût financier ou de la situation sociale) en Europe. En effet, selon la BBC, les menstruations coûteraient en moyenne 1730 euros dans la vie d’une personne réglée. En France, on estime que ce chiffre s’élève au minimum à 3 800 euros. C’est donc un problème financier pour près d’un million et demi de Françaises. Cette difficulté d’accès n’est pas sans conséquence : une étude a montré que durant leur vie, 27 % des femmes britanniques n’ont pu se présenter en cours ou au travail car elles étaient dans l’incapacité d’acheter des protections menstruelles.

Le Parlement européen inquiet pour la liberté de la presse dans l’Union européenne

Au cours de la session plénière du 25 novembre, les députés européens ont montré leur préoccupation quant à la liberté d’informer dans certains pays, dénonçant « les tentatives des gouvernements de certains États membres de faire taire des médias critiques et indépendants et de porter atteinte à la liberté et au pluralisme des médias »Cette liberté fondamentale, requise pour devenir membre de l’Union européenne, se dégrade depuis 10 ans et la pandémie actuelle a amplifié ce phénomène. En cause : le harcèlement et les attaques croissantes contre les journalistes, notamment par les responsables politiques ; l’ingérence des institutions publiques dans les informations délivrées au public et la concentration de la propriété des médias qui menace le pluralisme de la presse. Les députés souhaitent également mettre en place un cadre juridique plus fort contre les discours de haine et la désinformation sur internet. Cette inquiétude fait écho au vote, le 20 novembre dernier, de la Loi de Sécurité Globale par l’Assemblée Nationale en France. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait alerté sur cette loi le 12 novembre en déclarant qu’elle portait « atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales ».

Allemagne : les soldats victimes de discriminations pour leur homosexualité vont pouvoir être réhabilités

C’est un projet de loi important pour la lutte contre les discriminations auxquelles fait face la communauté LGBT+ que le gouvernement allemand a adopté ce mercredi 25 novembre.Entre 1955 et 2000, la Bundeswehr (l’armée nationale allemande) a massivement exclu les soldats homosexuels   ou empêché leur avancée hiérarchique. Les relations sexuelles entre hommes ont été interdites par le Code pénal allemand jusqu’en 1994. Le gouvernement souhaite leur rendre justice aujourd’hui. Un millier de soldats vont ainsi pouvoir demander une réhabilitation. Cette réparation concerne les soldats des anciennes armées de RDA comme de RFA. Il consiste en la suppression de leurs condamnations avec un dédommagement symbolique de 3 000€Le texte doit encore être validé au Bundestag pour devenir effectif.

Vers la création de droits plus « verts » pour les consommateurs européens 

Le Parlement européen a déclaré vouloir encourager une « culture de la réutilisation » au cours de cette semaine européenne de la réduction des déchets. 

492 kg, c’est le volume moyen des déchets municipaux (qui proviennent des ménages et des commerçants) produits par les citoyens européens en 2018. 46% de ces déchets sont recyclés, un chiffre qui devrait atteindre 60 % à l’horizon 2030. Pour aller dans ce sens, les parlementaires ont voté mercredi une résolution pour rendre le marché européen plus durable. Le texte présente des exemples de lois concrètes. « Un droit à la réparation » fait partie des idées qui seront soumises à la Commission. Le but est d’encourager les réparations des appareils qui dysfonctionnent, en les rendant plus faciles et moins chères. Le Parlement souhaite aussi soutenir un marketing responsable et écologique, notamment en créant un label écologique européen. Ces mesures s’inscrivent dans le pacte vert européen, ou Green Deal, dont le but est de rendre l’Europe climatiquement neutre dès 2050.

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